Depuis fin décembre 2025, l’Iran traverse une vague de contestation sans précédent. Des centaines de milliers d’Iraniens sont descendus dans les rues pour protester contre la crise économique et la hausse du coût de la vie. La répression qui s’est ensuivi a suscité de vives inquiétudes au niveau de la communauté internationale. Ces événements ont poussé le président ukrainien Volodymyr Zelensky à s’exprimer publiquement sur la situation en Iran. Sa prise de position a déclenché une réaction particulièrement virulente de la part de Téhéran, illustrant la profonde détérioration des relations bilatérales entre les deux pays.
Zelensky dénonce l’inaction internationale face à la répression iranienne
Jeudi, lors de son intervention au Forum économique mondial de Davos, Volodymyr Zelensky n’a pas mâché ses mots en évoquant la situation iranienne. Le président ukrainien a critiqué vertement la passivité de la communauté internationale face à la répression qui secoue l’Iran depuis plusieurs semaines. « Le monde n’a pas suffisamment aidé le peuple iranien », a-t-il déclaré devant l’assemblée de dirigeants politiques et économiques réunis en Suisse.
Le chef d’État ukrainien est allé plus loin en alertant sur les conséquences dangereuses d’un tel silence. Selon lui, si le régime iranien parvient à survivre à cette crise malgré cette situation, cela enverra un message inquiétant à tous les dirigeants autoritaires de la planète. Cette déclaration s’inscrit dans une stratégie plus large de Zelensky visant à mobiliser les démocraties occidentales contre les régimes répressifs.
Abbas Araghchi attaque violemment le président ukrainien sur les réseaux sociaux
La réaction de Téhéran n’a pas tardé à se manifester. Ce vendredi 23 janvier, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a publié une réponse particulièrement cinglante sur le réseau social X. « Le monde en a assez des clowns déboussolés, Volodymyr Zelensky », a-t-il écrit, faisant une référence à peine voilée au passé de comédien du dirigeant ukrainien avant son entrée en politique.
Le chef de la diplomatie iranienne est allé bien au-delà d’une simple réponse diplomatique en s’attaquant directement aux forces armées ukrainiennes et à leur mode de fonctionnement. « Contrairement à votre armée soutenue par l’étranger et infestée de mercenaires, nous les Iraniens savons nous défendre tout seuls et n’avons pas besoin de supplier qu’on nous aide », a lancé Araghchi dans une attaque frontale contre Kiev. Cette formulation vise à discréditer l’Ukraine en suggérant qu’elle ne peut survivre que grâce au soutien occidental et à l’aide de combattants étrangers.
Des relations bilatérales profondément dégradées depuis le début de la guerre en Ukraine
Cette escalade verbale révèle une détérioration profonde et continue des relations entre Kiev et Téhéran. Les tensions entre les deux capitales ne datent pas d’hier et trouvent leur origine dans le soutien militaire apporté par l’Iran à la Russie depuis le début du conflit russo-ukrainien. Téhéran a fourni à Moscou des drones kamikazes Shahed qui ont été utilisés pour frapper des infrastructures stratégiques civiles ukrainiennes.
Cette coopération militaire irano-russe a transformé l’Iran en ennemi indirect de l’Ukraine, poussant Zelensky à critiquer régulièrement le régime de Téhéran sur la scène internationale. Le président ukrainien saisit chaque occasion pour dénoncer non seulement le soutien iranien à la Russie, mais également le régime des mollahs. Pour sa part, l’Iran considère les critiques ukrainiennes comme une ingérence inacceptable dans ses affaires intérieures, d’autant plus qu’elles proviennent d’un pays qu’il accuse d’être une marionnette de l’Occident.
Le ton employé par le ministre Araghchi, particulièrement inhabituel dans les échanges diplomatiques même les plus tendus, témoigne d’une rupture quasi-totale du dialogue entre les deux capitales. L’utilisation du terme « clowns » pour qualifier un chef d’État et l’accusation d’avoir une armée « infestée de mercenaires » sortent complètement des normes diplomatiques habituelles, suggérant que Téhéran ne cherche plus à maintenir même les apparences d’une relation cordiale avec Kiev.
