Mort de Jean Pormanove en direct : deux co-streameurs placés en garde à vue

La mort de Jean Pormanove, survenue en plein direct le 18 août dernier sur la plateforme de streaming Kick, avait profondément choqué l’opinion. Filmé depuis son domicile de Contes, dans les Alpes-Maritimes, le décès du jeune homme avait immédiatement soulevé de nombreuses interrogations, tant sur les circonstances exactes du drame que sur l’environnement numérique dans lequel il évoluait. Les images, largement relayées, avaient mis en lumière des pratiques de diffusion controversées et un climat de tensions récurrentes lors de certains lives. Plusieurs mois plus tard, l’affaire connaît un nouveau développement judiciaire avec la mise en cause de deux figures de son entourage en ligne.

Selon des informations confirmées par le parquet de Nice, Safine et Naruto, présentés comme des co-streameurs réguliers de Jean Pormanove, ont été placés en garde à vue le mardi 27 janvier rapporte Nice-Matin. Les deux hommes sont entendus pour plusieurs chefs, parmi lesquels des violences commises en réunion, des faits similaires impliquant un mineur, des soupçons d’abus de faiblesse, ainsi que des faits de provocation à la haine et à la discrimination.

Enquête judiciaire autour de Kick

Les faits reprochés aux deux co-streameurs ne portent pas, à ce stade, sur la cause directe de la mort de Jean Pormanove. Les investigations visent plutôt des séquences diffusées antérieurement en ligne, lors de lives au cours desquels des comportements violents et des humiliations auraient été filmés et partagés auprès des internautes. Les enquêteurs cherchent à déterminer la nature exacte des faits, le rôle de chacun et les conditions dans lesquelles ces contenus ont été produits et relayés.

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Le parquet de Nice s’appuie notamment sur des éléments vidéo et des signalements effectués après la mort du streamer. Certaines images, largement commentées sur les réseaux sociaux, avaient suscité l’indignation en raison de leur caractère choquant. La justice tente désormais de faire la part des responsabilités individuelles dans ces pratiques numériques, sans établir à ce stade de lien judiciaire formel avec le décès survenu en août.

Cette garde à vue intervient après une première phase d’auditions et de vérifications menées au cours des mois précédents. Les deux hommes avaient déjà été entendus dans le cadre de cette procédure avant d’être remis en liberté, ce qui souligne la complexité du dossier et la nécessité, pour les magistrats, de consolider les éléments matériels.

Co-streameurs et responsabilités sur les plateformes numériques

L’affaire relance les interrogations autour des relations entre créateurs de contenus, co-animateurs et plateformes de streaming. Jean Pormanove apparaissait régulièrement entouré d’autres streamers, dans des mises en scène parfois extrêmes, destinées à capter l’attention d’un public friand de sensations fortes. Les autorités judiciaires examinent aujourd’hui si ces interactions ont pu donner lieu à des infractions pénales caractérisées.

Les qualifications retenues — violences en réunion, violences sur mineur et abus de faiblesse — traduisent la gravité des faits potentiellement reprochés. Elles impliquent une analyse fine des rapports d’influence, du consentement des personnes filmées et de la pression exercée dans un cadre où l’audience et la recherche de visibilité jouent un rôle central. Les soupçons de provocation à la haine et à la discrimination renvoient, quant à eux, à certains propos ou mises en scène susceptibles d’avoir dépassé les limites fixées par la loi.

Du côté des plateformes, Kick n’a pas communiqué publiquement sur cette procédure judiciaire précise. La diffusion en direct du décès de Jean Pormanove avait toutefois entraîné un regain de critiques sur la modération des contenus et la capacité des services de streaming à prévenir les dérives.

À ce stade de l’enquête, Safine et Naruto demeurent présumés innocents. À l’issue de leur garde à vue, le parquet devra décider des suites à donner, qu’il s’agisse d’une éventuelle mise en examen ou d’un classement partiel des faits. En parallèle, les investigations sur les circonstances exactes de la mort de Jean Pormanove se poursuivent de manière distincte.

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