Longtemps perçue comme une figure de proue de l’émancipation féminine et une alliée indéfectible de la communauté LGBTQ+, Nicki Minaj entretenait autrefois des rapports particulièrement tendus avec l’idéologie républicaine. En 2018, la rappeuse n’hésitait pas à critiquer vivement la politique migratoire de Donald Trump, rappelant avec émotion son propre parcours d’enfant immigrée arrivée à New York avec ses parents. Cette hostilité passée rend son récent virage à 180 degrés d’autant plus spectaculaire, transformant son ancienne base de fans en ses plus virulents détracteurs. Cette rupture brutale a pris une dimension concrète avec le lancement d’une pétition citoyenne réclamant sa déportation, un texte qui rassemble déjà plus de 79 000 signatures en ce début d’année 2026.
Le virage politique vers le mouvement MAGA et ses répercussions diplomatiques
Le basculement s’est cristallisé lors de sa participation remarquée à la conférence AmericaFest de l’organisation Turning Point USA en décembre 2025. Sur scène, l’artiste a officiellement apporté son soutien au duo Donald Trump et JD Vance, n’hésitant pas à adopter une rhétorique conservatrice radicale. Ce ralliement s’est accompagné de déclarations controversées sur la scène internationale, notamment concernant le Nigeria. En affirmant à la tribune de l’ONU que les chrétiens de ce pays subissaient un génocide, elle a déclenché un conflit médiatique majeur avec les autorités nigérianes et une partie de la diaspora. Ces dernières l’accusent de simplifier des tensions sécuritaires complexes pour servir l’agenda politique de l’ancien président américain, tout en tenant des propos sur l’identité de genre qui ont fini de rompre le lien avec ses admirateurs historiques.
La nationalité de Nicki Minaj au cœur d’une procédure citoyenne de déportation
Cette métamorphose idéologique a ravivé un débat inattendu sur la situation administrative de la star. Bien qu’elle soit installée aux États-Unis depuis l’âge de cinq ans, Onika Tanya Maraj — de son vrai nom — a elle-même confirmé qu’elle n’avait jamais obtenu la citoyenneté américaine, conservant uniquement sa nationalité trinidadienne. Ce statut de résidente permanente la rend théoriquement vulnérable à une surveillance des services d’immigration, un levier que ses opposants ont décidé d’actionner.
La pétition, dont le succès ne se dément pas, cible précisément cette fragilité juridique. Les signataires pointent du doigt une forme d’incohérence : la chanteuse soutient désormais un mouvement prônant une fermeté migratoire absolue, alors qu’elle demeure elle-même une étrangère sur le sol américain. Le texte réclame son renvoi vers Trinité-et-Tobago, justifiant cette demande par son comportement jugé nuisible à la cohésion sociale et ses prises de position hostiles envers les minorités qu’elle défendait jadis. À cette pression politique s’ajoutent les plaintes récurrentes de son voisinage californien, qui exprime un sentiment d’insécurité lié au passé judiciaire de son époux, Kenneth Petty. Cette convergence de mécontentements fait de la pétition bien plus qu’une simple protestation en ligne, mais un véritable symbole du divorce entre la star et son public.
La situation de Nicki Minaj montre aujourd’hui une fracture profonde entre une icône pop et le public qui l’a portée au sommet. Si la probabilité juridique d’une déportation réelle reste faible sans condamnation pénale grave, la symbolique de ce rejet massif marque un désaveu populaire sans précédent. Reste à savoir si ce pari risqué vers l’électorat conservateur permettra à la star de compenser la perte d’une partie de sa communauté d’origine.



