Alea jacta est ! Le sort en est jeté. Mon ami et frère Judicaël Gbaguidi a passé l’arme à gauche. Au bilan, je puis témoigner qu’il a mené un combat redoutable contre l’insuffisance rénale. En cela, on peut à bon droit l’en féliciter et lui tresser des lauriers, s’il en a encore besoin, bien qu’il ne soit plus de ce monde de vanité où tout demeure vanité. Je lui dois une fière chandelle pour son courage et sa perspicacité à affronter un mal aussi terrifiant.
Judicaël est un guerrier. J’en suis arrivé à cette conclusion parce que, depuis ce soir-là — il y a quatre longues années — où il m’informait du malaise qui le tenaillait depuis quelques jours, nous savions déjà que nous devions faire face à une maladie grave. Le diagnostic fut sans appel : insuffisance rénale, avec recommandation médicale de passage en urgence en réanimation au Centre hospitalier universitaire Hubert Koutoukou Maga.
C’est à ce moment-là que j’ai pleinement compris que « notre vie ne tient qu’à un fil », puisque, de tous les patients admis en réanimation cette semaine-là, seul Judicaël a survécu. C’est peut-être ici le lieu de remercier le maire de la commune d’Abomey-Calavi, Monsieur Angelo Évariste Ahouandjinou, qui a mis à notre disposition la toute première enveloppe financière pour faire face aux dépenses onéreuses de ce mal ravageur, qui n’épargne aucune ressource.
Après quelques jours de soins intensifs et acharnés, Judicaël est rentré chez lui, à Likouinkomey, aux encablures de la nouvelle cité de Ouèdo. S’en sont suivies d’interminables et éprouvantes séances de dialyse entre Cotonou et Abomey-Calavi. Ici, je voudrais remercier du fond du cœur toutes celles et tous ceux qui ont assisté mon ami dans ce combat rude contre ce mal fatal, que la science peine encore à vaincre durablement.
Le côté journaliste de Judicaël l’a beaucoup aidé, car il lui a permis d’accéder aux informations utiles pour améliorer sa prise en charge. C’est ainsi qu’il a dû se rendre à Abidjan, où une offre de soins plus abordable était disponible. Il y est resté plus d’un an, même s’il a dû, entre-temps, revenir au pays.
Je voudrais également renouveler ici ma gratitude à Monsieur Wilfried Léandre Houngbédji, Secrétaire général adjoint et porte-parole du gouvernement. Mon cher ami Wil, votre transfert monétaire de ce jour-là a sauvé notre compatriote du chaos. Étranger, à bout de souffle et sans solution immédiate dans un pays où il n’avait aucune attache, il était au bord du gouffre.
Je forme le vœu que vous puissiez porter, comme vous le faites si bien, la parole sur les tribulations de nos concitoyens auprès de Monsieur le Président de la République, afin que tout ce qui reste à accomplir le soit pour une meilleure prise en charge de la dialyse au Bénin. Nombre de nos compatriotes ne peuvent s’offrir les options thérapeutiques extrêmes, dont les coûts sont hors de portée.
Enfin, je voudrais réitérer à toutes et à tous l’expression de notre profonde reconnaissance pour toutes les contributions, quelles qu’elles soient, depuis la survenue de la maladie de Judicaël Gbaguidi il y a quatre ans. Vos gestes ne sont pas vains.
À vous toutes et tous, personnes généreuses et précieuses pour Judicaël Gbaguidi, je voudrais assurer que vos dons, gestes et manifestations d’amour fraternel sont déjà inscrits au firmament des bonnes œuvres, et que le Seigneur vous les rendra au centuple.
Vraiment, merci à toutes et à tous.
Paix à l’âme de Judicaël Gbaguidi.
Que la terre lui soit légère.
Ton ami,
Igor Aguénawa
(Ex-directeur du Fonds numérique, responsable de la presse et de la communication du maire d’Abomey-Calavi)


