Créée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’Organisation des Nations unies (ONU) s’est imposée comme un acteur central de la diplomatie internationale, de la prévention des conflits, de l’aide humanitaire et de la coopération entre États. Forte de ses agences spécialisées, de ses missions de maintien de la paix et de ses programmes de développement, l’ONU repose cependant sur un principe fondamental : la contribution financière de ses États membres. Ce mode de fonctionnement, longtemps considéré comme un pilier de la solidarité multilatérale, montre aujourd’hui ses limites. C’est sur cette fragilité structurelle que se greffe l’alerte lancée récemment par le Secrétaire général António Guterres, qui met en garde contre un risque sérieux pour la continuité même de l’action onusienne à partir de 2026 rapporte Reuters.
Contributions des États membres et finances de l’ONU sous forte tension
Au cœur de l’alerte du Secrétaire général figure une réalité budgétaire préoccupante : plusieurs États membres ne s’acquittent pas, ou tardivement, de leurs contributions obligatoires. Ces retards, accumulés au fil des années, pèsent lourdement sur la trésorerie de l’organisation. L’ONU fonctionne en grande partie sur la base de prévisions financières qui supposent des paiements réguliers. Lorsque ces flux ne sont pas assurés, la capacité de planification et d’exécution des programmes s’en trouve directement affectée.
António Guterres souligne que cette situation ne relève plus d’un simple déséquilibre ponctuel. Elle fragilise désormais le fonctionnement quotidien de l’institution, notamment le financement du budget ordinaire et de certaines opérations essentielles. À cela s’ajoutent des règles budgétaires internes qui limitent la marge de manœuvre financière de l’organisation, en l’obligeant parfois à restituer des fonds non utilisés, y compris lorsque les ressources correspondantes n’ont pas encore été effectivement perçues.
Ce mécanisme accentue la pression sur les liquidités disponibles. L’ONU se retrouve ainsi confrontée à une contrainte paradoxale : devoir respecter des engagements financiers tout en disposant de ressources incertaines. Pour le Secrétaire général, cette combinaison constitue un véritable piège financier, dont les effets pourraient se faire sentir de manière aiguë dès 2026 si aucune solution durable n’est trouvée.
Programmes onusiens et missions essentielles menacés dès 2026
Les conséquences potentielles de cette crise financière vont bien au-delà des chiffres budgétaires. L’alerte de Guterres porte avant tout sur l’impact concret que ces difficultés pourraient avoir sur les missions de l’ONU. Les programmes de développement, les actions humanitaires et certaines opérations administratives dépendent directement de la disponibilité des fonds.
Si la situation actuelle perdure, l’organisation pourrait être contrainte de retarder, réduire ou réorganiser certaines de ses activités. Il est possible que des priorités soient redéfinies afin de préserver les missions jugées les plus urgentes, mais une telle approche ne serait pas sans conséquences sur la crédibilité et l’efficacité de l’institution. Le risque évoqué n’est donc pas celui d’une disparition immédiate de l’ONU, mais bien d’un affaiblissement progressif de sa capacité à remplir pleinement son mandat.
En lançant cette alerte, António Guterres appelle implicitement les États membres à prendre la mesure de leur responsabilité collective. Le financement de l’ONU n’est pas un simple enjeu administratif : il conditionne la continuité d’actions qui touchent directement à la paix, à la sécurité et au développement dans de nombreuses régions du monde.
