Russie : les recettes pétrolières et gazières s'effondrent d'un quart en 2025

Les revenus tirés des hydrocarbures par Moscou ont atteint leur niveau le plus bas depuis 2020, selon les données du ministère russe des Finances. Cette chute de près de 24% des recettes budgétaires issues du pétrole et du gaz montre l’impact croissant des sanctions occidentales sur l’économie russe. Les exportations de brut ont également reculé, atteignant en novembre leur plus faible volume depuis le début du conflit en Ukraine. Cette érosion financière remet en question la capacité du Kremlin à soutenir durablement son effort de guerre.

Les chiffres publiés par le ministère russe des Finances révèlent l’ampleur du déclin énergétique que traverse actuellement le pays. Les recettes issues des hydrocarbures se sont établies à 8 467 milliards de roubles pour l’année 2025, marquant une contraction significative par rapport aux 11 131 milliards enregistrés l’année précédente. Cette diminution de près d’un quart ramène les revenus pétroliers et gaziers à des niveaux que le pays n’avait plus connus depuis la crise sanitaire mondiale. Le ministre des Finances Anton Silouanov a lui-même reconnu cette tendance lors d’un entretien télévisé, soulignant que la part de ces ressources dans le budget fédéral ne représente désormais plus que 23% des recettes totales.

Sanctions internationales et impact sur les exportations russes de pétrole

L’Agence internationale de l’énergie a documenté cette dégringolade dans son rapport mensuel de décembre. Les exportations combinées de pétrole brut et de produits raffinés ont chuté de 420 000 barils quotidiens pour atteindre 6,9 millions de barils par jour en novembre, un plancher historique depuis le déclenchement des hostilités en février 2022. Les revenus mensuels tirés de ces ventes se sont effondrés à 11 milliards de dollars, accusant un recul de 3,6 milliards par rapport à la même période de l’année précédente. Cette contraction résulte d’une combinaison défavorable entre la réduction des volumes expédiés et la baisse des cours du brut russe Oural, tombé à 58,60 dollars le baril sur les marchés de la Baltique et de la mer Noire.

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Les flux maritimes transitant par la mer Noire ont particulièrement souffert, enregistrant une chute vertigineuse de 42% pour s’établir à seulement 910 000 barils quotidiens. Les frappes ukrainiennes répétées contre les infrastructures portuaires, notamment le terminal stratégique de Novorossiysk dans le kraï de Krasnodar, ont désorganisé la logistique d’exportation russe. La Turquie et l’Inde, principales destinations de ce brut, ont été les plus affectées par ces perturbations. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a d’ailleurs affirmé sur les réseaux sociaux qu’une « baisse notable a été enregistrée cette année » dans la production pétrolière russe, estimant les pertes budgétaires à 37 milliards de dollars d’ici la fin de l’exercice.

Moscou face au déclin de sa puissance énergétique mondiale

Avant le déclenchement du conflit ukrainien, la Fédération de Russie occupait une position dominante sur l’échiquier énergétique mondial. Troisième producteur mondial de pétrole derrière les États-Unis et l’Arabie saoudite, le pays figurait également parmi les tout premiers exportateurs de gaz naturel, alimentant notamment près de 40% des besoins européens. Les hydrocarbures constituaient alors la colonne vertébrale de l’économie nationale, représentant environ 60% des exportations totales et finançant près de la moitié du budget fédéral tout au long des années 2010. Cette manne financière avait permis au Kremlin d’accumuler d’importantes réserves de change et de moderniser ses forces armées. Le réseau de gazoducs reliant la Sibérie à l’Europe occidentale symbolisait cette interdépendance énergétique, tandis que les majors russes comme Gazprom et Rosneft comptaient parmi les géants mondiaux du secteur. Cette architecture s’est progressivement fissurée sous l’effet des sanctions adoptées par le G7 et l’Union européenne, bouleversant des décennies de partenariat commercial.

Les mesures de rétorsion économique ont contraint Moscou à réorienter ses flux d’exportation vers l’Asie, principalement vers la Chine et l’Inde qui absorbent désormais les deux tiers des ventes russes de combustibles fossiles. Pour contourner le plafonnement des prix imposé par les Occidentaux, le Kremlin s’appuie sur une flotte dite fantôme, estimée entre 1 200 et 1 400 navires échappant aux juridictions occidentales. Cette stratégie de contournement montre toutefois ses limites, comme en témoignent les données compilées par Bloomberg indiquant un recul de 4% des volumes expédiés sur les sept premiers mois de l’année par rapport à 2024. Les projections officielles russes pour 2025 anticipent d’ailleurs des recettes énergétiques annuelles de 200,3 milliards de dollars, soit 15% de moins que l’exercice précédent.

Budget militaire russe menacé par la crise des hydrocarbures

Cette hémorragie financière intervient dans un contexte particulièrement délicat pour les finances publiques russes. Environ 40% du budget fédéral est actuellement consacré aux dépenses militaires et au financement des opérations en Ukraine, une proportion considérable qui nécessite des rentrées fiscales stables. La contraction des revenus pétroliers et gaziers complique mécaniquement l’équation budgétaire du Kremlin, même si d’autres sources de recettes ont partiellement compensé ce manque à gagner. Les observateurs économiques s’interrogent sur la soutenabilité à moyen terme de cet effort de guerre dans un environnement où les sanctions continuent de produire leurs effets et où les prix des matières premières demeurent volatils. La diversification des partenaires commerciaux vers l’Asie, si elle a permis d’amortir le choc initial, ne suffit manifestement plus à maintenir les niveaux de revenus antérieurs.

9 réflexions au sujet de “Russie : les recettes pétrolières et gazières s'effondrent d'un quart en 2025”

  1. On peut tout tenter pour nier la réalité, mais l’économie russe ne se porte pas bien et ça, la décision de Poutine de tenter de recoloniser l’Ukraine en est responsable.

    Quand on dézoome et qu’on considère la Russie.

    Depuis la chute du dernier Tsar, jamais les dirigeants de ce pays n’ont été capables de mettre en place un système de gouvernement à l’arrivée profitable à la Russie, aux russes, à leurs colonies d’Europe de l’Est et d’Asie Centrale, ou aux pays « aidés ».

    Les résultats ont TOUJOURS été échec économique, sang, souffrances, et perte de liberté :
    -En Russie même (goulag hier et aujourd’hui)
    – Dans les colonies russes (soviétiques) d’Europe : famine (holodomor, NEP), déportations, coups de force (Tchécoslovaquie, Hongrie) assassinats de masse (Pologne), …
    – En Afrique : Guinée, Dahomey/Bénin, Congo Brazza, Mali, tortures, ruine des pays
    -En Amérique du Sud : Nicaragua, Venezuela,guerres et effondrement économique.

    Il n’est jusqu’à ALLENDE ( Chili ), l’honnête et sincère qui a regardé la mort arriver sans faiblir. Il n’a pas eu la lucidité de comprendre que ses réformes économiques inspirées par le bloc dit « de l’Est », ont échoué et l’ont affaibli sur le plan l’intérieur, au point de le mettre à la portée des compagnies US qui voulaient remettre la main sur le cuivre

    Sur les plans économiques et militaires, à l’arrivée quel bilan et mieux être, pour d’autres que les apparatchiks, et autres oligarques russes et locaux pro-russes ?

    Et on s’étonne que l’Ukraine résiste à mort pour ne pas y retourner ?

    Quid des pays gouvernés par des putschistes au Sahel aujourd’hui ? Avec en plus la menace djihadistes qui a tout envahi chez eux, pour les étouffer

    \\\\.///
    (@_@)

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    • « On peut tout tenter pour nier la réalité, mais l’économie russe ne se porte pas bien et ça, la décision de Poutine de tenter de recoloniser l’Ukraine en est responsable »

      Ai arrêté de lire là !
      Est-ce qu’une guerre coûte Bien sûr que oui MAIS il suffit de regarder les chiffres pour comprendre que l’économie russe se porte mieux aujourd’hui qu’en décembre 2021.

      Il y a deux problèmes en russie
      – l’économie est en surchauffe parce qu’hyperindustrialisation suite aux sanctions. Les Russes produisent TOUT. C’est le seul pays AU MONDE qui produit des avions de ligne 100% « made inside ».
      – la surchauffe a grénér une crise de main d’oeuvre (2% de chomage). La crise de main d’oeuvre ne se résoudrait pas en remettant les soldats au boulot
      – La crise de main d’oeuvre a fait flambé les salaires, d’où une inflation importante, jugulée par des taux d’intérêts élevés.

      En gros, l’économie russe se porte TROP BIEN. C’est un phénomène connu dans le monde des affaires où une entreprise qui grossit trop vite risque d’exploser si elle n’arrive pas à contrôler sa croissance.

      Et les avis des experts et autres « Mozart de la Finance » franchouillards passent en Russie dans les émissions humoristiques.
      Regardez comment se porte votre économie avant d’aller vous mêler de celles des autres.
      😂 😂 😂 😂 😂

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      • « Les Russes produisent TOUT »

        Des producteurs de fromages et de vins français se sont installés en Russie où ils ont des conditions de travail beaucoup plus favorables qu’en France ! (merci Ursula et ton Mercosur à deux balles)

        Malgré les sanctions débiles, qui empêchent les agriculteurs français de vendre leurs produits en Russie, les Russes mangent du camembert comme si de rien n’était (le fromager est normand)

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    • Tu crois qu’en faisant de la soupe en mélangeant tout et n’importe quoi, tu vas convaincre quelqu’un que ta russophie est rationnelle
      C’est n’importe quoi,. Tu parles sans rien savoir !

      Définition OLIGARQUES : hommes d’affaires extrêmement riches influençant fortement le POUVOIR POLITIQUE.

      IL N’Y A PLUS D’OLIGARQUES en RUSSIE.
      Poutine a totalement éradiqué l’oligarchie russe et il s’y est pris de la manière suivante : il leur a dit qu’ils pouvaient garder leur fortune malhonnêtement acquise à condition de ne plus faire de politique. Il y a en un qui a cru que Poutine plaisantait ; il est sorti de taule il n’y a pas très longtemps. Ca a bien calmé les autres.

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      • « IL N’Y A PLUS D’OLIGARQUES en RUSSIE »

        En France, par contre … Macron et le ministre des Finances font ce que Bollorée, Bouygues, Arnault … leur disent de faire !

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    • « la décision de Poutine de tenter de recoloniser l’Ukraine en est responsable »

      Tu comprends tout à l’envers ! Faut avoir l’esprit ouvert et la rondelle bien serrée !

      En arrivant au pouvoir en 2019, Zélésky fait inscrire dans la constitution ukro : « Adhésion à l’OTAN ». Evidemment que les Russes ne peuvent pas accepter des bases de l’OTAN à leur frontière. C’est le même problème que les missiles de Cuba. Zélésky le sait, Biden le sait et les deux ont consciemment PROVOQUE la réaction de la Russie. Biden avait anticipé des sanctions économiques qui devaient planter l’économie russe.

      Poutine n’a pas eu le choix mais il y a encore des imbé ciles dans ton genre pour venir raconter que c’est un fou sanguinaire qui s’est levé un matin et a attaqué les pauvre ukrainiens sans raison aucune.
      Va traire tes chèvres arrête de faire suer

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  2. « Cette érosion financière remet en question la capacité du Kremlin à soutenir durablement son effort de guerre. »

    C’est le discours qu’on entend depuis 4 ans et depuis 4 ans la Russie a une croissance de PIB supérieure à celles du reste de l’Europe.

    On se rappelle le discour de Pruno Lemaire qui prétendait mettre la Russie à genoux en quelques semaines ! Pravo Pruno, t’est un bon, toi !

    La Russie VOULAIT faire baisser ses revenus issus des hydrocarbures à moins de 25%. Objectif atteint. Et pas pour faire plaisir au nabu qui traitait l’économie russe « d’écomomie du 1/3 monde »

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      • Exact, agence TASS qui retransmet, en live, les discours officiels de Poutine dans lesquel il a dit qu’une trop grande dépendance des exports en hydrocarbure fragiliserait l’économie russe

        Vala, tu peux aller te recoucher. Tu dois être fatigué après un commentaire de cette tenue

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