Sénégal : Le gouvernement ferme la porte à toute restructuration de la dette

Face aux interrogations persistantes sur la trajectoire financière du pays, l’exécutif sénégalais a tenu à clarifier sa ligne. Le message délivré par le Premier ministre se veut sans ambiguïté : l’option d’une restructuration de la dette publique n’est pas retenue. Une position assumée, présentée comme collective et fondée sur des choix économiques jugés compatibles avec les capacités actuelles de l’État.

Une ligne gouvernementale assumée sur la dette

Prenant la parole à Dakar, le Premier ministre Ousmane Sonko a rappelé que le refus de restructurer la dette ne relève pas d’une appréciation personnelle, mais bien d’une orientation arrêtée au sommet de l’État. Cette position est partagée par le président de la République ainsi que par les ministères en charge des Finances et de l’Économie.

Tout en reconnaissant le poids des contraintes actuelles, notamment un niveau d’endettement élevé et un déficit budgétaire important, le chef du gouvernement a insisté sur l’existence de solutions alternatives. L’exécutif mise sur des projections de croissance et de recettes jugées atteignables, ainsi que sur des réformes prévues dans le plan de redressement économique et social. Ces mesures pourraient permettre de dégager des ressources budgétaires supplémentaires, avec des effets attendus de manière plus significative à partir de 2027.

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Marchés financiers et pression sur l’économie

Cette position est exprimée alors que les appréciations extérieures restent contrastées. Dans une note récente, Bank of America évoque une probabilité accrue de tensions sur la dette extérieure, liée à la difficulté de gérer plusieurs milliards d’engagements non comptabilisés par le passé.

Les investisseurs locaux opèrent dans un cadre monétaire et réglementaire spécifique, avec des mécanismes de refinancement régionaux et une tradition de remboursements réguliers des États de la zone. À l’inverse, les marchés internationaux évaluent le risque de manière plus stricte, en intégrant l’ensemble de l’endettement, les échéances rapprochées et l’absence, à ce stade, d’un programme actif avec le FMI. Cette coexistence de perceptions alimente les interrogations sur la soutenabilité de la stratégie actuelle.

En maintenant son refus de toute restructuration, le gouvernement sénégalais fait le choix d’une approche fondée sur la mobilisation de ressources internes et la mise en œuvre de réformes économiques. Cette orientation vise à préserver la crédibilité financière de l’État, tout en restant sous l’observation attentive des partenaires et des marchés, qui suivront de près la capacité du pays à transformer ces engagements en résultats tangibles à court et moyen terme.

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