Le Sénégal a enregistré en 2025 une progression notable de ses recettes publiques, portée par une mobilisation accrue des ressources fiscales. La performance réalisée par l’administration fiscale traduit une dynamique nouvelle dans le financement des priorités nationales, avec des effets directs sur la capacité de l’État à soutenir l’éducation, la santé et les infrastructures, tout en réduisant la pression sur les financements extérieurs.
Performance de la DGID et poids des recettes internes
En 2025, la Direction Générale des Impôts et des Domaines a collecté plus de 2 900 milliards de francs CFA, soit une hausse de 12 % par rapport à l’année précédente. Ce niveau de recettes permet de couvrir environ 65 % d’un budget national évalué à plus de 6 600 milliards de francs CFA. En y ajoutant les recettes douanières, l’ensemble des ressources fiscales dépasse les 4 000 milliards de francs CFA, renforçant la stabilité financière du pays malgré un environnement macroéconomique contraignant.
La structure de ces recettes révèle un équilibre entre impôts directs et indirects. Les premiers représentent près de la moitié du total, tirés essentiellement des entreprises et des revenus salariaux, avec une contribution marquée des secteurs de l’énergie, des mines et des télécommunications. Les impôts indirects, légèrement majoritaires, proviennent principalement de la consommation courante, notamment la TVA sur les biens et services, les taxes sur les produits pétroliers et les activités de services.
Réformes fiscales et objectifs du PRES
Cette évolution s’appuie sur deux leviers complémentaires. La digitalisation des procédures, avec le déploiement de paiements dématérialisés via des applications mobiles, a simplifié les démarches des contribuables, réduit certaines pratiques frauduleuses et raccourci les délais administratifs. Parallèlement, des campagnes de sensibilisation ont contribué à renforcer le civisme fiscal, en mettant en avant le lien direct entre l’impôt et le financement des politiques publiques.
Ces résultats trouvent un écho direct dans les orientations du Plan de redressement économique et social, lancé en août 2025 par le gouvernement dirigé par Ousmane Sonko, qui prévoit de mobiliser 5 667 milliards de francs CFA sur la période 2025-2028 à partir de ressources internes. Le programme repose sur une réforme de l’assiette fiscale, l’intégration de nouveaux secteurs jusque-là peu ou pas fiscalisés — comme les jeux d’argent, le numérique, le mobile money ou certaines activités d’influence — ainsi que le renforcement de taxes ciblées sur des produits tels que le tabac et l’alcool. L’ensemble est complété par des actions continues en faveur du civisme fiscal.
À ce stade, la hausse des recettes confirme une trajectoire favorable vers un financement plus autonome des dépenses publiques. Les montants déjà mobilisés témoignent d’une capacité renforcée de l’État à s’appuyer sur ses propres ressources. La poursuite des réformes engagées et leur application effective dans les secteurs identifiés seront déterminantes pour consolider cette dynamique et rapprocher les niveaux de financement interne des objectifs fixés pour les prochaines années.



