Le Sénégal a pris une part active aux discussions régionales engagées autour de la situation politique en Guinée-Bissau. En se rendant à Bissau dans le cadre d’une mission de la Cedeao, le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a réaffirmé l’implication de Dakar dans les efforts visant un retour à l’ordre constitutionnel dans ce pays voisin, au cœur des préoccupations de l’organisation sous-régionale.
Concertations avec les autorités de transition
La mission conduite le samedi 10 janvier a réuni plusieurs acteurs clés de la médiation régionale. Aux côtés du président sénégalais figurait notamment le président sierra-léonais Julius Maada Bio. Les échanges avec les autorités de transition bissau-guinéennes ont porté sur les perspectives institutionnelles et les étapes envisagées pour sortir de la période actuelle.
À l’issue des rencontres, le ministre sénégalais de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, Cheikh Niang, a fait état de la remise d’un mémorandum par le commandement militaire. Ce document présente les mesures que les autorités entendent mettre en œuvre afin de rétablir un fonctionnement constitutionnel normal. Il doit être soumis à l’appréciation des chefs d’État et de gouvernement de la Cedeao, appelés à se prononcer sur la suite à donner au processus engagé.
Toutefois, des divergences demeurent. La durée de transition de douze mois annoncée par les autorités en place ne correspond pas aux orientations initialement retenues par la Cedeao, notamment en ce qui concerne la nature et la conduite de cette transition par les militaires. Cette différence d’approche a été clairement relevée par la partie sénégalaise lors des discussions.
Mécanisme de suivi et rôle du comité de médiation
L’initiative du 10 janvier s’appuie sur une dynamique déjà engagée par Dakar. Le 21 décembre 2025, une première mission sénégalaise s’était rendue à Bissau sous la conduite de Cheikh Niang. Elle comprenait également le général Birame Diop, ministre des Forces armées, ainsi que l’ambassadeur du Sénégal en Guinée-Bissau, Moussa Ndoye. Ces échanges préliminaires avaient permis d’établir un premier contact avec les nouvelles autorités, dans un climat marqué par de fortes attentes de la classe politique locale.
Face aux incertitudes persistantes, la Cedeao envisage un suivi plus étroit du processus. La mise en place d’un mécanisme de surveillance par un comité de médiation restreint, dont le Sénégal est membre, vise à encadrer les engagements pris et à vérifier leur mise en œuvre effective. Ce dispositif doit permettre d’accompagner la transition tout en maintenant la pression diplomatique nécessaire.
À travers cette implication continue, le Sénégal confirme sa volonté de jouer un rôle central dans la stabilité politique de l’espace ouest-africain. Les décisions à venir de la Cedeao seront déterminantes pour la suite du processus en Guinée-Bissau, tandis que Dakar entend rester un acteur attentif et engagé dans les efforts de médiation régionale.



