L’organisation indépendante Armed Conflict Location & Event Data (ACLED) vient de publier des statistiques révélant l’ampleur des opérations militaires américaines sous la seconde présidence de Donald Trump. Entre le 20 janvier 2025 et le 5 janvier 2026, les forces armées américaines ont mené 573 frappes aériennes unilatérales, dépassant les 494 opérations comptabilisées durant l’intégralité du mandat de Joe Biden. Ces chiffres alimentent un débat intense sur la politique étrangère de l’actuel occupant de la Maison Blanche. La contradiction entre ces données et les ambitions pacifistes affichées par le président constitue l’enjeu central de cette révélation.
Le bilan dressé par cette ONG spécialisée dans le suivi des conflits armés à travers le monde met en lumière une intensification spectaculaire de l’usage de la force militaire américaine. Les analystes d’ACLED qualifient la stratégie adoptée par Washington de doctrine consistant à « frapper d’abord, poser des questions ensuite ». L’organisation souligne que l’administration actuelle privilégie des actions rapides et à fort impact, avec moins de contraintes que lors des années précédentes. Cette approche tranche nettement avec les promesses électorales du candidat Trump, qui avait fait campagne sur le thème du désengagement militaire américain et de la fin des guerres à l’étranger.
Yémen, Somalie, Iran : géographie des interventions militaires américaines
La répartition géographique de ces opérations révèle une concentration massive sur le territoire yéménite, où les rebelles Houthis constituent la cible principale. Plus de quatre-vingts pour cent des frappes ont visé ce mouvement armé soutenu par Téhéran, occasionnant plus de 530 morts selon les estimations d’ACLED. Cette campagne intensive s’inscrivait dans le cadre des tensions en mer Rouge, où les Houthis perturbaient le trafic maritime commercial en représailles à la guerre menée par Israël à Gaza. La Somalie figure également parmi les théâtres d’opérations privilégiés, avec 44 raids aériens ciblant le groupe al-Shabab et des éléments affiliés à l’organisation État islamique. Les frappes américaines dans ce pays de la Corne de l’Afrique ont dépassé le total cumulé des administrations Bush, Obama et Biden réunies, montrent un changement d’échelle sans précédent.
Les opérations militaires se sont également étendues à des territoires inédits sous cette présidence. En juin 2025, des bombardiers furtifs B-2 ont frappé les installations nucléaires iraniennes de Fordo et Natanz, une première historique contre la République islamique. Plus récemment, le Venezuela est devenu le théâtre d’interventions armées dans le cadre de la lutte contre le narcotrafic, tandis que le Nigeria a été ciblé lors de raids présentés comme visant des éléments de l’État islamique. Au total, les forces américaines ont opéré dans au moins neuf pays différents au cours de cette première année de mandat.
Le paradoxe du « Prix de la Paix FIFA » face aux données d’ACLED
Donald Trump ne cesse pourtant de se présenter comme un artisan de la paix sur la scène internationale. Le locataire de la Maison Blanche affirme régulièrement avoir mis fin à huit conflits armés depuis son investiture et revendique avoir sauvé des millions de vies humaines. Cette posture lui a valu de recevoir, le 5 décembre 2025, le tout premier « Prix de la Paix FIFA » des mains de Gianni Infantino lors du tirage au sort de la Coupe du monde 2026 à Washington. Le président de la fédération internationale de football, proche allié du dirigeant américain, avait auparavant publiquement soutenu sa candidature au prix Nobel de la paix, une distinction finalement attribuée à l’opposante vénézuélienne María Corina Machado. La création de ce trophée doré représentant des mains soutenant un globe terrestre avait suscité de vives critiques, plusieurs organisations dénonçant une initiative contournant les instances décisionnelles de la FIFA.
Le contraste entre ces ambitions pacifistes et les statistiques compilées par ACLED nourrit les interrogations sur la cohérence de la politique étrangère américaine. En incluant les opérations menées conjointement avec des partenaires de coalition, le total atteint 658 frappes, s’approchant dangereusement des 694 comptabilisées sous Biden. Le bilan humain reste toutefois inférieur, avec environ 1 093 victimes contre 1 518 durant les quatre années précédentes, selon les mêmes sources. Ces révélations interviennent alors que Washington poursuit ses interventions maritimes dans les Caraïbes, où plus de 106 personnes ont péri lors de raids contre des embarcations soupçonnées de transporter des stupéfiants.




en un an, Trump a ordonné plus de frappes militaires que Biden en quatre ans
Bravo au président de la paix…je pense que la Paix pour lui, c’est quand il la souhaite aux âmes des innocents massacrés sur ses ordres et la déstabilisation des pays pour s’accaparer de leurs richesses.
Un bon Indien est un Indien mort