L’administration Trump a procédé au premier transfert de fonds provenant de la commercialisation du brut vénézuélien vers le gouvernement intérimaire de Caracas. Cette somme de 300 millions de dollars, sur un total de 500 millions générés par les ventes initiales, a transité par des banques qataries avant d’atteindre le Venezuela. La présidente par intérim Delcy Rodriguez a annoncé que ces ressources serviraient à stabiliser le bolivar, en perte de valeur constante. Ce premier versement concrétise l’accord pétrolier annoncé par Donald Trump au lendemain de la capture de Nicolás Maduro.
Donald Trump avait promis que les revenus tirés de la vente du pétrole vénézuélien bénéficieraient directement au peuple de ce pays sud-américain. Cette promesse commence à se matérialiser avec le transfert effectif de 300 millions de dollars vers les autorités de Caracas. L’administration américaine a confirmé avoir réalisé une première transaction d’envergure, commercialisant du brut vénézuélien pour un montant total de 500 millions de dollars. Les fonds n’ont toutefois pas emprunté un circuit financier classique, Washington ayant choisi de les acheminer via des établissements bancaires situés au Qatar plutôt que de les conserver sur le sol américain ou de les transférer directement au Venezuela. Cette configuration particulière vise notamment à protéger ces ressources des nombreux créanciers internationaux qui détiennent des créances considérables sur l’État vénézuélien.
Pétrole vénézuélien : Trump organise la vente et contrôle les revenus
Le président américain avait annoncé que le Venezuela fournirait entre 30 et 50 millions de barils de pétrole aux États-Unis, vendus au prix du marché plutôt qu’au tarif préférentiel auquel Caracas écoulait traditionnellement sa production. Avec un cours du baril oscillant autour de 56 dollars, l’ensemble de cette transaction pourrait représenter jusqu’à 2,8 milliards de dollars. Donald Trump avait clairement indiqué que cet argent resterait sous son contrôle en tant que président des États-Unis, afin de garantir son utilisation au profit des populations vénézuélienne et américaine. Le secrétaire d’État Marco Rubio a explicité cette stratégie en déclarant que le contrôle des ventes pétrolières constituait le levier principal dont disposait Washington pour influencer l’évolution politique et économique du Venezuela. Le secrétaire à l’Énergie Chris Wright a pour sa part réfuté toute accusation de spoliation, assurant que les recettes générées serviraient bien les intérêts de la nation de 30 millions d’habitants.
Capture de Maduro et accord pétrolier américano-vénézuélien
Ce dispositif financier découle directement du bouleversement politique majeur intervenu au début du mois de janvier 2026. La Delta Force américaine a mené une opération d’envergure qui a abouti à l’arrestation de Nicolás Maduro et de son épouse Cilia Flores, après plusieurs mois de préparatifs et un important déploiement naval dans les Caraïbes. Cette intervention a causé des pertes humaines significatives, le procureur général vénézuélien évoquant des dizaines de morts parmi les officiers et civils, tandis que La Havane confirmait le décès de 32 de ses ressortissants appartenant aux forces armées et au ministère de l’Intérieur. Dans les heures suivant cette capture, Donald Trump avait exposé sa vision pour le secteur énergétique vénézuélien, appelant les grandes compagnies américaines à investir des milliards de dollars pour remettre en état des infrastructures pétrolières profondément dégradées. Le président américain avait alors affirmé vouloir relancer massivement la production d’un pays qui détient les plus importantes réserves prouvées de brut au monde, estimées à 303 milliards de barils.
Bolivar et stabilisation monétaire : Caracas utilise les fonds américains
La présidente par intérim Delcy Rodriguez a détaillé à la télévision nationale l’utilisation prévue de ces premiers revenus pétroliers. Sur les 500 millions de dollars générés par les ventes américaines, 300 millions ont effectivement été encaissés par les autorités vénézuéliennes. L’intégralité de cette somme sera injectée sur le marché des changes pour tenter de freiner la dépréciation continue du bolivar et protéger le pouvoir d’achat des travailleurs. Les établissements bancaires qataris servant d’intermédiaires ont reçu instruction de prioriser les secteurs de l’alimentation, des médicaments et des petites entreprises dans la distribution de ces fonds. Le choix de Doha comme place financière intermédiaire s’insère dans une tradition diplomatique établie, l’émirat ayant régulièrement facilité les échanges entre Washington et Caracas ces dernières années, y compris durant l’administration Biden pour des transactions similaires avec l’Iran.
Certaines voix s’élèvent néanmoins pour questionner la transparence de ce mécanisme financier. La sénatrice démocrate Elizabeth Warren a notamment critiqué l’absence de base légale permettant à un président américain de constituer un compte offshore qu’il contrôlerait personnellement pour y déposer le produit d’actifs saisis par l’armée. Des experts s’inquiètent également de la possibilité que le gouvernement intérimaire utilise une partie de ces fonds pour maintenir certaines structures héritées de l’ère Maduro. La réussite de ce dispositif dépendra de la capacité des deux parties à maintenir un flux régulier de transactions pétrolières, alors que les grandes compagnies américaines comme ExxonMobil jugent le Venezuela encore trop instable pour y engager des investissements massifs.
