AES : l'Iran et le Burkina Faso veulent renforcer leurs liens militaires

À distance des alliances classiques, Ouagadougou explore de nouvelles pistes sécuritaires. Avec Téhéran, le Burkina Faso affiche une volonté de coopération militaire encore sans contours précis.

Lors de rencontres récentes, l’ambassadeur iranien a salué les choix stratégiques opérés par les autorités de transition, tout en réaffirmant la disponibilité de son pays à accompagner les efforts sécuritaires du Burkina Faso.

Sur le réseau social X, le gouvernement iranien a évoqué un renforcement des relations avec Ouagadougou, incluant le volet sécuritaire. « Le ministre iranien de la Défense, le général de brigade Aziz Nasirzadeh, a rencontré à Téhéran le ministre burkinabè, Célestin Simpore, et l’a remercié pour sa position. Il a insisté sur le renforcement des liens avec l’Afrique de l’Ouest et a mis en avant la coopération au Sahel, notamment avec le Mali et le Niger. #Iran #BurkinaFaso« , lit-on dans la publication sur le réseau social

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Dans le même temps, des échanges évoquent une possible coopération dans le domaine sécuritaire, sans précision sur sa nature. Aucun détail officiel n’a été communiqué sur d’éventuels volets opérationnels ou sur la fourniture d’équipements.

Un partenariat sécuritaire encore en construction

Les deux pays entretiennent des relations anciennes, nourries par des échanges diplomatiques réguliers et des commissions mixtes. En 2023, plusieurs accords de coopération ont été signés dans des secteurs civils, avec en toile de fond une volonté affichée d’élargir les discussions aux questions de défense. Dans ce cadre, Ouagadougou et Téhéran avaient déjà évoqué des concertations spécifiques sur les enjeux sécuritaires, sans en préciser les contours.

« Pour ce qui est des questions en lien avec la défense et la sécurité, Ouagadougou et Téhéran expriment leur volonté de coopérer dans ces domaines et décident de poursuivre les concertations à travers des canaux plus appropriés« , avait déclaré dans un communiqué le ministère en charge des Affaires étrangères du Burkina Faso.

Le Sahel redessine ses alliances

Depuis plusieurs années, le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont engagé une reconfiguration de leurs partenariats internationaux. Regroupés au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), ces pays privilégient des relations jugées plus compatibles avec leurs priorités sécuritaires et leur souveraineté. Le recul de l’influence occidentale dans la région a ouvert la voie à de nouveaux acteurs.

La Russie s’est imposée comme partenaire militaire majeur, tandis que d’autres puissances, dont l’Iran, avancent plus discrètement leurs positions. Dans ce contexte, Téhéran multiplie les initiatives diplomatiques vers le Sahel, combinant coopération économique, soutien politique et offres sécuritaires. Sur le terrain, les besoins restent pressants. Face à une insurrection persistante, les autorités burkinabè recherchent des solutions rapides pour renforcer leurs capacités opérationnelles.

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