Le mois dernier, le ministère américain de la Justice a rendu publics plusieurs millions de documents liés à l’affaire Jeffrey Epstein. Présentée comme une opération de transparence attendue depuis des années, cette diffusion massive devait permettre au public et aux observateurs de mieux comprendre les contours d’un dossier judiciaire qui continue de susciter indignation et interrogations. L’initiative, saluée dans un premier temps, a toutefois été rapidement rattrapée par une controverse inattendue liée au contenu même des documents rendus accessibles.
Au cœur de cette polémique figure le retrait de six identités masculines dans la version publique des dossiers. Des élus américains, autorisés à consulter des documents non caviardés dans un cadre sécurisé, affirment avoir constaté que ces noms apparaissaient clairement dans les archives originales, avant d’être masqués sans explication officielle dans les fichiers diffusés au grand public rapporte Blick.
Des documents judiciaires Epstein au cœur d’un débat sur la transparence
Les révélations publiques proviennent précisément de deux parlementaires américains issus de camps politiques opposés : le démocrate Ro Khanna et le républicain Thomas Massie. Tous deux ont affirmé avoir consulté les documents non caviardés et constaté l’absence injustifiée de six noms dans la version officiellement publiée par le ministère de la Justice.
D’après leurs propos, l’un des individus concernés serait décrit dans les dossiers comme un responsable « assez haut placé » au sein d’un gouvernement étranger. Aucune identité n’a été rendue publique et aucune accusation pénale n’a été formulée à l’encontre des personnes dont les noms ont été retirés. Les élus insistent sur le fait que leur démarche vise à interroger la cohérence du processus de publication, et non à désigner des responsabilités judiciaires.
La publication de millions de documents avait été présentée comme exhaustive. L’existence de suppressions ciblées, sans justification rendue publique, soulève ainsi des interrogations sur les critères retenus par l’administration pour déterminer les informations accessibles au public.
Réactions de Ro Khanna et Thomas Massie sur les noms occultés
Ro Khanna et Thomas Massie estiment que l’occultation de ces six noms pose un problème de clarté et de cohérence, compte tenu de l’ampleur de la diffusion annoncée. Ils soulignent que la consultation des documents originaux montre un écart notable entre les archives accessibles aux élus et celles mises à disposition du public.
Le ministère américain de la Justice n’a pas, à ce stade, apporté d’explication détaillée sur les raisons de ces retraits. Aucune communication officielle n’a permis de déterminer si ces suppressions sont liées à des considérations juridiques, diplomatiques ou à la protection de personnes non poursuivies. Cette absence de justification publique alimente les critiques formulées par les deux élus.
La mention d’un responsable étranger, même sans identification précise, confère une dimension sensible supplémentaire à un dossier déjà marqué par de nombreuses implications politiques et institutionnelles.
Une transparence questionnée malgré une publication massive
La polémique autour des six personnes mystères montre que la publication de millions de documents ne suffit pas, à elle seule, à lever toutes les interrogations autour de l’affaire Epstein. L’attention se porte désormais sur la sélection des informations rendues publiques et sur les limites assumées ou non de cette diffusion.
