L’affaire Jeffrey Epstein, du nom de ce financier américain accusé d’avoir bâti un vaste système d’exploitation sexuelle de mineures avec l’appui de réseaux internationaux, continue de produire des secousses bien au-delà des frontières des États-Unis. Si sa mort en détention en 2019 a interrompu toute perspective de procès pénal contre lui, les procédures civiles, les déclassifications de documents judiciaires et les enquêtes financières ont progressivement exposé les relations qu’il entretenait avec de nombreuses personnalités du monde politique, culturel et économique. Année après année, ces révélations ont conduit plusieurs juridictions à s’intéresser non plus seulement aux crimes sexuels, mais aussi aux circuits financiers liés à son environnement relationnel.
Aujourd’hui, ce feuilleton judiciaire prend une tournure décisive en France. Après plusieurs jours de pressions croissantes, Jack Lang a proposé sa démission samedi 7 février de la présidence de l’Institut du monde arabe dans une lettre adressée au ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. Cette décision intervient alors qu’une enquête ouverte par le Parquet national financier vise l’ancien ministre de la Culture et sa fille Caroline Lang, plaçant l’octogénaire dans une zone de turbulences où les conséquences institutionnelles se sont finalement concrétisées.
Enquête financière du PNF et démission sous contrainte
L’ouverture de cette enquête préliminaire repose sur des soupçons de blanchiment de fraude fiscale aggravée. Les investigations s’intéressent à des flux financiers et à des montages juridiques qui auraient impliqué des structures offshore liées à Jeffrey Epstein. Les enquêteurs cherchent à déterminer si certains avantages financiers ou patrimoniaux ont pu être dissimulés ou transiter par des circuits échappant à l’impôt, en lien avec des personnalités établies en France.
Dans ce dossier, le nom de Jack Lang apparaît à travers des relations anciennes et documentées avec le financier américain, notamment dans des cadres institutionnels et culturels. Son nom est mentionné plus de 673 fois dans les documents déclassifiés fin janvier par la justice américaine. Les enquêteurs examinent également le rôle de Caroline Lang, active dans le secteur de la production audiovisuelle, et les conditions dans lesquelles certaines opérations financières ont été menées. À ce stade, aucune mise en examen n’a été prononcée, et les personnes visées bénéficient pleinement de la présomption d’innocence.
Cette procédure marque néanmoins un changement notable. Jusqu’ici, l’affaire Epstein évoquait surtout des dimensions judiciaires étrangères ou des procédures civiles intentées par des victimes. Le fait que le Parquet national financier se saisisse du dossier traduit un recentrage sur des faits susceptibles de relever du droit pénal financier français. Les investigations portent moins sur des comportements individuels que sur des mécanismes économiques précis, avec pour objectif d’établir ou non l’existence d’infractions caractérisées.
Une démission devenue inévitable face aux pressions multiples
Pour Jack Lang, cette affaire a rapidement fragilisé sa position à la tête de l’Institut du monde arabe. Figure emblématique de la vie politique et culturelle française depuis plusieurs décennies, l’ancien ministre a longtemps bénéficié d’un capital symbolique important, forgé par ses réformes et son rayonnement international. L’enquête actuelle et les révélations sur ses liens avec Epstein ont toutefois ravivé des critiques et déclenché une vague d’appels à la démission.
Après avoir initialement exclu de quitter son poste mercredi, invoquant sa « naïveté » face aux révélations, Jack Lang a finalement cédé sous la pression conjuguée du gouvernement, de l’Élysée et de nombreuses personnalités politiques, y compris de son propre camp socialiste. Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, avait notamment déclaré qu’il devait « réfléchir à sa démission pour protéger l’institution qu’il préside », tandis que Ségolène Royal affirmait ne pas comprendre qu’il ne soit « pas plus indigné que cela d’avoir fréquenté un tel personnage ».
Dans sa lettre au ministre des Affaires étrangères, Jack Lang indique vouloir « préserver l’Institut du monde arabe et son travail exemplaire » et pouvoir « sereinement récuser toutes les accusations » qui l’assaillent. Il précise proposer de remettre sa démission lors d’un prochain conseil d’administration extraordinaire. Le Quai d’Orsay et l’Élysée ont annoncé prendre acte de cette décision, Jean-Noël Barrot déclarant lancer « la procédure pour désigner son ou sa successeur » et convoquer un conseil d’administration sous sept jours pour nommer un président par intérim.
Sur le plan institutionnel, la situation était devenue intenable. À la tête de l’Institut du monde arabe, fonction financée en partie par des fonds publics du ministère des Affaires étrangères (12,3 millions d’euros annuels, soit la moitié du budget), Jack Lang faisait face à des exigences de transparence et d’exemplarité incompatibles avec une enquête judiciaire en cours. La convocation prévue dimanche au Quai d’Orsay n’aura finalement pas lieu.
Caroline Lang a déjà pris ses distances avec certaines fonctions professionnelles, démissionnant lundi de la tête du Syndicat des producteurs indépendants après les révélations sur une société offshore qu’elle avait fondée en 2016 avec le financier américain. Ce choix illustre l’impact concret que peut avoir une procédure judiciaire en cours, indépendamment de son issue finale.
L’affaire souligne également la difficulté, pour des personnalités publiques, de se défaire durablement de liens anciens dès lors que ceux-ci réapparaissent sous l’angle judiciaire. Les relations passées avec Jeffrey Epstein, parfois présentées autrefois comme relevant de cercles mondains ou culturels, prennent aujourd’hui une dimension différente dès lors qu’elles sont examinées à la lumière de flux financiers et de structures fiscales.
À ce stade, l’enquête ouverte par le Parquet national financier n’en est qu’à ses premières étapes. Les investigations devront établir si les éléments réunis justifient des poursuites ou s’ils conduisent à un classement sans suite. Aucune conclusion définitive ne peut être tirée tant que les vérifications sont en cours et que les personnes concernées n’ont pas été entendues ou confrontées aux faits examinés. Dans un communiqué samedi, Jack Lang a assuré que « les accusations portées à [son] encontre sont infondées » et s’est dit prêt à répondre aux convocations de la justice.

Jack Lang … sa pauvre gueule de carnaval, c’est sa punition. Tous les péchés du Monde sur cette face à la Jérôme Bosch, faiseur de diables et peintre du destin des hommes.
Lang, Cohn-Bendit, Fred Mitterrand, p€d0philes notoires jamais inquiétés. Les faux Q font semblant de découvrir la chose.
C’est ce qui va sortir sur macron qui va être intéressant.