Affaire Epstein : Trump reçoit une proposition alléchante pour être innocenté

Ghislaine Maxwell, ancienne complice de Jeffrey Epstein actuellement détenue dans un établissement fédéral au Texas, a refusé lundi 9 février 2026 de répondre aux questions de la commission de surveillance de la Chambre des représentants américaine. Par l’intermédiaire de son avocat, elle a toutefois formulé une offre spectaculaire : témoigner pour disculper Donald Trump et Bill Clinton de toute implication dans les crimes d’Epstein, à condition d’obtenir une grâce présidentielle. Cette manœuvre juridique, qualifiée de « campagne pour la clémence » par plusieurs élus démocrates, relance le débat sur les zones d’ombre persistantes de cette affaire tentaculaire. L’enjeu dépasse désormais le cadre judiciaire pour devenir un véritable bras de fer politique au cœur du Congrès américain.

L’audition, qui s’est tenue à huis clos par visioconférence depuis le centre pénitentiaire fédéral où Maxwell purge une peine de vingt ans de réclusion, n’aura duré que quelques dizaines de minutes. Face aux parlementaires, l’ancienne mondaine britannique a systématiquement invoqué le Cinquième Amendement de la Constitution américaine, refusant de s’exprimer sur ses liens avec Epstein, sur l’existence d’éventuels co-conspirateurs ou encore sur sa propre participation aux abus sexuels reprochés au financier déchu. Son avocat, David Oscar Markus, a néanmoins pris la parole pour formuler ce qui ressemble à un échange transactionnel avec la Maison-Blanche, déclarant que sa cliente était « prête à parler pleinement et honnêtement si le président Trump lui accorde la clémence ».

Ghislaine Maxwell et l’offre de témoignage contre une grâce présidentielle de Trump

La stratégie déployée par l’équipe juridique de Maxwell ne date pas d’hier. Dès juillet 2025, après avoir été assignée à comparaître par la commission présidée par le républicain James Comer, ses avocats avaient d’abord réclamé l’immunité parlementaire avant de se tourner vers l’option d’une clémence présidentielle. Entre-temps, Maxwell avait participé à deux journées d’entretiens avec le procureur général adjoint Todd Blanche, au cours desquelles elle aurait affirmé n’avoir jamais été témoin d’un quelconque comportement criminel ou inapproprié de la part de Trump, de Clinton ou de toute autre personnalité connue gravitant autour d’Epstein. Cette déposition préalable auprès du ministère de la Justice lui avait d’ailleurs valu un transfert vers un établissement à sécurité minimale au Texas, alimentant les spéculations sur un éventuel accord tacite. Le représentant républicain Andy Biggs a confirmé que l’avocat de Maxwell avait réitéré devant la commission l’affirmation selon laquelle ni Trump ni Clinton ne seraient impliqués dans des actes répréhensibles.

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Le nom de Donald Trump est associé à l’affaire Epstein depuis de nombreuses années, en raison de la proximité sociale que les deux hommes ont entretenue dans les années 1990 et au début des années 2000. Tous deux fréquentaient les mêmes cercles fortunés de Palm Beach et de New York, et plusieurs photographies les montrent ensemble lors d’événements mondains, notamment au club Mar-a-Lago. Des témoignages recueillis dans le cadre de procédures civiles ont mentionné la présence de Trump à des soirées organisées par Epstein, tandis que ce dernier figurait parmi les contacts du milliardaire immobilier. En 2019, une femme avait déposé puis retiré une plainte accusant Trump d’agression sexuelle lors d’une fête chez Epstein dans les années 1990, des allégations que l’ancien président a toujours fermement démenties. Aucune mise en examen ni accusation formelle n’a jamais été prononcée à son encontre dans le cadre de cette affaire, et les documents rendus publics à ce jour n’ont pas établi de preuve crédible d’une quelconque participation aux crimes sexuels commis par Epstein.

L’enquête du Congrès américain sur les dossiers Epstein sous haute tension politique

La réaction des parlementaires à l’audition avortée de Maxwell a mis en lumière les fractures partisanes qui traversent cette enquête. Du côté démocrate, la représentante Melanie Stansbury du Nouveau-Mexique n’a pas mâché ses mots en affirmant que Maxwell faisait clairement « campagne pour la clémence ». Son collègue Suhas Subramanyam, élu de Virginie, a estimé que cette démarche n’était qu’une stratégie calculée pour s’attirer la sympathie des deux camps politiques, soulignant que la détenue n’avait jamais exprimé le moindre remords envers les victimes. James Comer, le président républicain de la commission, a lui aussi exprimé sa déception tout en décourageant publiquement le président d’accorder une quelconque forme de grâce à Maxwell. Parallèlement, plusieurs élus se sont rendus lundi dans les locaux du ministère de la Justice pour consulter les versions non expurgées de plus de trois millions de documents liés à Epstein, accessibles uniquement sur des ordinateurs dédiés et sans possibilité de copie numérique.

L’affaire continue également de produire des ondes de choc au-delà de Maxwell. Bill et Hillary Clinton, longtemps réticents à se soumettre aux assignations de la commission, ont finalement accepté de témoigner sous serment plus tard en février, après avoir été menacés d’une procédure pour outrage au Congrès. La famille de Virginia Giuffre, l’une des accusatrices les plus médiatisées d’Epstein, a adressé une lettre ouverte à Maxwell lundi, la qualifiant d’« actrice centrale et délibérée » du système d’exploitation mis en place par le financier. Alors que Trump a déclaré à plusieurs reprises ne pas exclure ni envisager une grâce pour Maxwell, cette proposition spectaculaire place la Maison-Blanche dans une position délicate, entre la volonté affichée de transparence sur les dossiers Epstein et le risque politique considérable que représenterait toute forme de clémence envers une femme condamnée pour trafic sexuel de mineures.

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