Moscou accepte le rapatriement de Sud-Africains piégés dans le conflit ukrainien. Un dénouement diplomatique salué par le président Cyril Ramaphosa.
Des rapports documentent depuis plusieurs mois l’implication croissante de combattants africains dans la guerre en Ukraine, qui se battent tant aux côtés des forces russes qu’ukrainiennes. Camerounais, Égyptiens, Ghanéens, Kenyans : les engagements transcontinentaux se multiplient. La présidence sud-africaine obtient une solution avec le rapatriement de plusieurs citoyens enrôlés en Russie.
Négociation discrète et libérations échelonnées
Cyril Ramaphosa avait contacté Vladimir Poutine pour évoquer le dossier des 17 ressortissants sud-africains abandonnés sur le front du Donbass. L’appel, datant de ce mois-ci, portait sur des hommes ayant lancé des cris de détresse en novembre après s’être découverts enrôlés sous de fausses promesses. La réaction du Kremlin a surpris : Poutine « a répondu positivement à l’appel en faveur du processus de rapatriement », indique le communiqué présidentiel. Ramaphosa a exprimé sa « profonde gratitude » envers le président russe.
Le retour s’opère graduellement. Selon le communiqué de la présidence sud-africaine, quatre hommes ont franchi mardi, les frontières. Onze autres doivent suivre. Deux restent en territoire russe, dont un hospitalisé, mais seront bientôt rapatriés.
Pretoria engage parallèlement une enquête administrative. L’objectif : déterminer « les circonstances exactes de ces recrutements » et identifier les responsables d’opérations qualifiées de mercenariat par les autorités sud-africaines.
Recrutement par tromperie et réseaux pré-organisés
L’absence de transparence caractérise les enrôlements en question. Les 17 Sud-Africains affirmaient avoir été trompés avant d’être expédiés pour combattre aux côtés des russes. Les méthodes employées pour les recruter restent à détailler, bien que des témoignages antérieurs pointent vers des agences de placement fictives et des offres d’emploi mensongères.
Ce scénario ne demeure pas isolé. Des centaines d’Africains ont emprunté le même chemin depuis 2023. Au moins 1 417 ressortissants du continent figuraient dans les rangs russes au 30 septembre 2025, selon un rapport du collectif All Eyes on Wagner. La Guinée équatoriale, le Cameroun, l’Égypte et le Ghana fournissent les contingents majeurs. Plus de 300 y ont trouvé la mort.
Selon le Ministère de la Défense Russe, qui a publié des statistiques sur les combattants étrangers engagés du côté ukrainien, 198 Africains ont combattu en Ukraine selon ce que rapporte le média « Le Devoir« , avec 61 tués et 62 revenus dans leur pays. Plus largement, les estimations indiquent que plus de 200 Africains ont rejoint les forces ukrainiennes. Il convient de noter que ces estimations peuvent varier selon les sources et les périodes d’observation, sans pour autant être fictives.
Onze autres sud-africains doivent revenir prochainement et deux se trouvent encore en Russie, dont l’un hospitalisé selon le calendrier annoncé mardi. Ce dénouement sud-africain traduirait surtout le poids de la diplomatie bilatérale : Ramaphosa aurait trouvé en Poutine un interlocuteur disposé à écouter directement les préoccupations d’un chef d’État africain sur ses ressortissants. Pretoria poursuit l’enquête pour identifier les responsables de ces opérations de mercenariat et démanteler les réseaux de recrutement

