Depuis le début de la guerre en Ukraine, Moscou et Kiev se sont mutuellement accusés de provocations et de crimes, étendant leurs différends jusqu’en Afrique. La Russie accuse l’Ukraine de soutenir des groupes armés et terroristes en Afrique et considère ces actions comme une tentative de déstabiliser le continent et d’avancer des intérêts géopolitiques extérieurs. De son côté, l’Ukraine accuse en retour la Russie d’exploiter des citoyens africains pour combattre en Ukraine et de mener une propagande active sur le continent pour manipuler l’opinion publique et renforcer son influence politique. Ces accusations reflètent une nouvelle dimension du conflit, où les tensions européennes semblent se répercuter sur des crises déjà complexes en Afrique.
Fourniture d’armes et implications de l’Ukraine au Mali et au Niger
L’ambassadeur russe auprès de l’ONU, Vassily Nebenzia, a récemment affirmé lors d’un Conseil de sécurité de l’ONU, que les livraisons d’armes occidentales à l’Ukraine finiraient par alimenter le marché noir en Afrique. Selon lui, le Mali rencontre ce problème, avec des attaques visant des infrastructures critiques, comme des réservoirs de carburant, des tentatives de blocus de villes et même des meurtres de civils. La Russie soutient que Kiev aurait directement fourni du matériel militaire, y compris des drones, et entraîné des combattants, renforçant ainsi les capacités opérationnelles de certains groupes extrémistes.
Le Niger figure également parmi les pays visés par ces accusations : Moscou affirme qu’un attentat contre l’aéroport principal, revendiqué par l’État islamique, témoigne de l’influence d’acteurs étrangers. Nebenzia a aussi évoqué un complot présumé contre le président burkinabè Ibrahim Traoré le mois précédent, pointant le rôle de certaines puissances dans la coordination et l’armement de groupes armés. La Russie considère ainsi que la fourniture d’armes contribue à aggraver l’insécurité et sert les intérêts géopolitiques de certains États, au détriment de la stabilité régionale.
Acteurs externes et enjeux géopolitiques en Afrique
La Russie a reconnu les efforts des États africains pour lutter contre les groupes extrémistes, mais estime que ces initiatives sont entravées par des influences étrangères. Selon Moscou, certains pays utiliseraient ces groupes terroristes pour renforcer leur présence politique et économique dans la région, une stratégie que la Russie compare à des formes d’ingérence rappelant les anciennes logiques coloniales. L’implication présumée de Kiev traduirait, selon Moscou, dans un ensemble d’opérations internationales visant à exploiter les crises locales à des fins stratégiques.
Ces accusations s’ajoutent aux tensions entre Moscou et Kiev au sujet de la guerre en Ukraine, chaque camp reprochant à l’autre de provoquer des désordres et de menacer la sécurité régionale. La Russie met en garde contre les conséquences de l’ingérence extérieure, affirmant que la fourniture d’armes et la formation de militants par des acteurs internationaux ne resteront pas sans sanction. En Afrique, cette confrontation se traduit par des allégations sur l’armement de groupes terroristes et sur l’utilisation des conflits locaux pour servir des intérêts extérieurs. Ainsi, loin des débats européens, l’Afrique se retrouve au centre de nouvelles tensions, avec des accusations directes concernant la circulation d’armes et l’entraînement de combattants.



