Algérie : après le Maroc, la tension monte avec les Émirats arabes unis

Depuis plusieurs années, les relations entre Algérie et Maroc sont marquées par une défiance assumée. La rupture officielle des relations diplomatiques en 2021, la fermeture persistante des frontières terrestres et l’interdiction du survol de l’espace aérien algérien par les avions marocains ont installé une situation de blocage durable. Les échanges institutionnels sont inexistants, tandis que les désaccords politiques et sécuritaires continuent d’alimenter une rivalité régionale visible et assumée.

Cette ligne dure affichée par Alger ne se limite plus à son voisin de l’Ouest. Un autre partenaire, cette fois situé dans le Golfe, fait désormais les frais d’une décision lourde de conséquences : les Émirats arabes unis rapporte l’agence Anadolu.

Rupture de l’accord aérien Algérie–Émirats : une décision aux effets immédiats

L’Algérie a enclenché la rupture de sa convention bilatérale sur les services aériens avec les Émirats arabes unis. Cet accord, en vigueur depuis plusieurs années, constituait le socle juridique encadrant les liaisons aériennes entre les deux pays. Il définissait les conditions de survol des territoires, les droits d’exploitation accordés aux compagnies, ainsi que certains avantages liés aux escales et aux contraintes douanières.

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La dénonciation de ce texte ouvre la voie à une conséquence directe et très concrète : l’arrêt programmé des vols commerciaux entre l’Algérie et les Émirats. À terme, les liaisons reliant notamment Alger à Dubaï ne pourront plus être opérées sur une base régulière. Les compagnies nationales et internationales concernées, dont Air Algérie et Emirates, se retrouveront privées de cadre légal pour maintenir ces dessertes.

Même si les vols ne sont pas interrompus de manière brutale et immédiate, la décision d’Alger enclenche un compte à rebours. Une fois la procédure arrivée à son terme, les autorisations d’exploitation deviendront caduques, obligeant les opérateurs à suspendre leurs rotations ou à revoir entièrement leurs plans de desserte. Pour les voyageurs, cette perspective signifie moins d’options, des trajets plus longs via des pays tiers et, potentiellement, une hausse des coûts.

Relations politiques tendues et signaux envoyés à Abu Dhabi

Aucune explication officielle détaillée n’a accompagné l’annonce algérienne. Le silence des autorités contraste avec la portée du geste. Car rompre un accord aérien ne relève pas d’une simple décision technique : il s’agit d’un signal politique fort adressé à un partenaire étranger.

Ces dernières années, Alger a multiplié les prises de position critiques visant des acteurs régionaux accusés, selon sa lecture, d’ingérences ou de prises de position hostiles à ses intérêts. Les Émirats arabes unis ont régulièrement été visés par des messages à peine voilés, sans être explicitement cités dans les discours officiels. La décision sur les services aériens marque un changement de registre, passant de la parole aux actes.

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