Varsovie hausse le ton. Le ministre polonais de la défense, Wladyslaw Kosiniak-Kamysz, a exigé publiquement que Paris, Madrid et Rome augmentent leurs budgets militaires pour honorer les engagements pris lors du dernier sommet de l’Alliance atlantique à La Haye.
Trois pays dans le viseur. Dans des déclarations publiques relayées par plusieurs médias dont L’Essentiel, le chef de la défense polonais a ciblé nommément la France, l’Italie et l’Espagne, jugées trop en retrait sur leurs dépenses d’armement. « Il faut en faire plus, plus vite, plus fort », a-t-il tranché.
Les chiffres donnent raison à Varsovie. La Pologne consacre actuellement 4,48 % de son PIB à la défense. En face : la France à 2,05 %, l’Italie à 2,01 %, l’Espagne à 2,0 %. Au sommet de La Haye, les 32 membres de l’Alliance avaient pourtant acté un objectif commun de 5 % du PIB d’ici 2035.
Une pression qui vient de loin
Ce rappel à l’ordre polonais n’est pas un fait nouveau. A plusieurs reprises, Donald Trump a martelé le même reproche aux Européens, menaçant de ne pas défendre les alliés qu’il jugeait « mauvais payeurs ». En février 2024, lors d’un meeting en Caroline du Sud, il avait franchi un cap : en cas d’attaque russe, les membres de l’OTAN ne respectant pas l’objectif des 2 % ne pourraient pas compter sur Washington. La déclaration avait provoqué un choc de part et d’autre de l’Atlantique.
En 2017, le Président Donald Trump arrivé au pouvoir qu début de l’année s’exprimait en ces termes : « J’ai été très direct avec [le secrétaire général de l’OTAN, Jens] Stoltenberg et les membres de l’Alliance : les membres de l’OTAN doivent enfin contribuer équitablement et honorer leurs obligations financières. Or, 23 des 28 pays membres ne paient toujours pas ce qu’ils doivent et ce qu’ils sont censés payer pour leur défense (…) Deux pour cent représentent le strict minimum pour faire face aux menaces actuelles, bien réelles et extrêmement virulentes. Si les pays de l’OTAN apportaient leur pleine contribution, l’OTAN serait encore plus forte qu’elle ne l’est aujourd’hui, notamment face à la menace terroriste ».
Paris, Rome, Madrid sur la défensive
La ministre française de la défense, Catherine Vautrin, a répliqué sans attendre : « La France depuis dix ans a multiplié par deux son budget de la défense, et nous allons continuer. Les Etats-Unis qui sont nos alliés nous ont invités à prendre en main notre défense […] et je crois que tout cela nous invite à poursuivre les augmentations des budgets de défense de chacun de nos pays». Berlin a également rejoint le concert des critiques cette semaine. Le chef de la diplomatie allemande, Johann Wadephul, a lui aussi qualifié d’« insuffisants » les efforts français. L’isolement de Paris, Rome et Madrid se dessine au sein même de l’Alliance.
L’échéance de 2035 approche. Les prochaines réunions des ministres de la défense de l’OTAN constitueront un premier test pour mesurer si ces rappels à l’ordre produisent des effets budgétaires concrets.




« Armement de l’OTAN : la Pologne rappelle à l’ordre la France, l’Espagne et l’Italie » Pour moi, la Pologne a raison
\\\\.///
(@_@)