Bénin : des vendeurs de friperies toujours sans place à PK3

Quelques semaines après l’ouverture du marché moderne de PK3, qui accueille désormais les commerçants de friperies de l’ancien marché Missèbo, une partie des vendeurs reste toujours en attente d’installation. Sur place, la transition vers le nouveau site ne s’est pas faite sans difficultés.

En début d’après-midi de ce mardi 3 février, à l’entrée du marché PK3, des groupes de commerçants se forment autour d’un tableau d’affichage. On y retrouve des listes de noms : ceux des vendeurs déjà enregistrés mais qui n’ont pas encore obtenu d’emplacement. L’opération est pilotée par l’Association des revendeurs de friperies de Missèbo, qui fait le lien entre les commerçants et l’Agence nationale de gestion des marchés (Anagem).

Son secrétaire général, Marius Kpodjêdo, rappelle d’abord le contexte. « Missèbo est un marché de rue. Ça s’animait devant les maisons et en pleine voie publique. Aujourd’hui, nous avons bénéficié d’un joyau moderne », explique-t-il, saluant la modernisation engagée par les autorités.

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Mais sur le terrain, la réalité reste contrastée. Selon lui, 2 772 vendeurs sont déjà installés, tandis qu’environ 4 500 personnes sont enregistrées dans le processus de recasement. Un écart important qui explique la présence de nombreux commerçants toujours dans l’attente. L’association, insiste-t-il, ne décide pas de l’attribution des places : « Nous n’avons pas ce pouvoir. Nous recensons les vendeurs de friperies et nous transmettons les informations à l’Anagem. »

Le dispositif est simple : chaque vendeur fournit une copie de sa pièce d’identité, précise son activité et le type d’emplacement souhaité — étal, hangar ou boutique. Ces données sont ensuite centralisées et envoyées à l’agence en charge de la gestion du marché. Face au manque de places, certains commerçants ont tenté d’occuper des zones non autorisées, notamment l’agora du site. « Cet espace est destiné aux manifestations. Ceux qui s’y étaient installés ont été invités à libérer les lieux », précise Marius Kpodjêdo. D’autres vendeurs seraient retournés provisoirement à Missèbo, faute d’emplacement disponible à PK3.

Du côté de l’Anagem, le marché PK3 est présenté comme une infrastructure adaptée au commerce de vêtements de seconde main. Lors de l’inauguration, sa directrice générale, Eunice Loisel Kiniffo, avait évoqué une réponse structurée aux contraintes de l’ancien site. Le complexe comprend des milliers d’emplacements commerciaux, ainsi que des équipements collectifs. Il compte 1885 étals, 266 hangars, 276 boutiques, 88 espaces tailleurs et 98 espaces buanderies.  Le marché comprend également aussi 24 restaurants, 20 magasins, 36 magasins demi-gros et deux locaux administratifs. Le marché dispose d’une salle polyvalente, de deux blocs sanitaires et d’une agora pour les ventes foraines. En attendant la fin du recensement et de nouvelles attributions, de nombreux vendeurs de friperies restent suspendus à la suite du processus, entre espoir d’intégrer le marché moderne et incertitude sur les délais.

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