Le Centre de dépistage et de traitement de la lèpre et de l’ulcère de Buruli (CDTLUB) de Pobè s’impose comme un maillon stratégique de la riposte béninoise contre les Maladies tropicales négligées (MTN). Le site a accueilli, le 30 janvier 2026, des journalistes membres du Réseau des Médias Africains pour la Formation de la Santé et l’Environnement (REMAPSEN), en marge de la 4ᵉ édition du Forum des médias consacrée aux MTN. Cette visite de terrain a permis aux professionnels des médias de découvrir l’organisation du centre, son dispositif de prise en charge et surtout l’évolution des indicateurs liés à la lèpre et à l’ulcère de Buruli au Bénin.
Selon les données présentées par les responsables sanitaires, la tendance est à la baisse pour ces deux pathologies. Pour la lèpre, le pays enregistrait environ 300 nouveaux cas il y a une vingtaine d’années, puis près de 170 cas il y a dix ans. En 2025, le nombre de nouveaux cas est descendu à 85. La situation de l’ulcère de Buruli suit une dynamique comparable : autour de 300 nouveaux cas auparavant, contre 135 cas en 2025, avec un passage en dessous de la barre des 100 cas en 2024.
Pour le Docteur Delphin Degla, coordonnateur du Programme national de lutte contre la lèpre et l’ulcère de Buruli, ces résultats traduisent des avancées réelles, malgré des contraintes persistantes. « La lutte a porté ses fruits, mais malheureusement des défis existent… », a-t-il déclaré. Il souligne le lien étroit entre ces maladies et l’environnement, rappelant que « les Maladies Tropicales Négligées (MTN) de façon générale sont des maladies liées à l’environnement. Si vous avez une bonne hygiène cutanée, vous avez peu de chance d’avoir ces maladies ».
Le centre de Pobè, dirigé par le Dr Oswald Attolou, s’appuie aussi sur un réseau de 256 relais communautaires déployés avec l’appui de la Fondation Raoul Follereau. Ces acteurs interviennent dans la sensibilisation à l’auto-soin, l’hygiène et l’identification des zones confrontées au manque d’eau potable. Les échanges avec les journalistes du REMAPSEN ont également mis en lumière l’impact des changements climatiques et des difficultés d’accès à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement, facteurs qui compliquent la prévention. Malgré les progrès enregistrés, la mobilisation de financements durables reste un enjeu central pour consolider les acquis et accélérer l’élimination de ces MTN au Bénin.
