Bénin : le FIFF 2026 donne la parole aux jeunes filles par le cinéma

La 4e édition du Festival international de films de femmes (FIFF) a ouvert ses portes mardi 3 février 2026 à la salle Majestic de Wologuèdè. Jusqu’au 7 février, projections, rencontres et débats rythment un rendez-vous qui met en lumière la création cinématographique portée par les femmes. Le thème retenu cette année, « Femmes, libérez votre créativité », donne le ton d’une programmation tournée vers l’expression, l’audace et la prise de parole.

La soirée d’ouverture a accordé une place centrale à la jeunesse. Le public a découvert Douwé, un court-métrage écrit et réalisé par douze adolescentes béninoises. Le film raconte le parcours d’une élève brillante issue d’un milieu rural, contrainte d’abandonner l’école sous la pression familiale et la précarité. À travers cette fiction, les jeunes réalisatrices interrogent le droit à l’éducation des filles et les inégalités de genre.

Cette œuvre est née du projet « Kino Wendia », soutenu par l’UNICEF Bénin avec l’appui du gouvernement du Canada. L’initiative a formé des adolescentes venues de plusieurs régions du pays aux bases de l’écriture, de la réalisation et du montage, tout en abordant les droits des filles, le leadership et la lutte contre les violences basées sur le genre. Des ateliers intensifs, organisés notamment à Lokossa, ont permis aux participantes de produire des capsules vidéo individuelles avant de concevoir ensemble Douwé.

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Présente à la cérémonie, la Coordonnatrice résidente du Système des Nations Unies au Bénin, Aminatou Sar, a salué cette démarche. « Quand on donne à une fille une caméra, on ne lui donne pas seulement un outil, on lui donne un pouvoir. Un pouvoir de dire “je”, de raconter son monde, de questionner les normes », a-t-elle déclaré, soulignant la portée citoyenne et émancipatrice du projet.

Fondatrice et directrice du FIFF, Cornélia Glèlè a rappelé le chemin parcouru depuis la création du festival. Elle a présenté cette édition comme « un appel » à oser créer et à raconter des histoires souvent reléguées au silence. Le programme prévoit des projections en compétition, des panels, des rencontres professionnelles et des échanges avec la marraine de l’événement.

Actrice, réalisatrice et autrice franco-malienne, Aïssa Maïga a exprimé sa fierté de voir des femmes « prendre l’espace » et créer des moments de rassemblement autour du cinéma. Elle a aussi évoqué les inégalités persistantes dans le secteur, notamment en matière de financement et de visibilité, tout en saluant la qualité croissante des œuvres portées par des réalisatrices.

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