Asphyxier les réseaux terroristes en s’attaquant à leurs poumons financiers : le blanchiment de capitaux et les trafics illicites. C’est le combat dans lequel se sont lancés les pays victimes de ce fléau, et qui doit s’intensifier. S’il est vrai que pour arriver à bout du terrorisme, il faut renforcer la sécurité, il n’est pas moins vrai que le point de départ de cette lutte doit être de couper les sources de financement de ce fléau.
Le terrorisme qui endeuille les populations du Sahel et du Golfe de Guinée ne se nourrit pas uniquement d’idéologie ; il se nourrit de billets de banque. Qu’ils proviennent du trafic de drogue, de l’orpaillage illégal, de la cybercriminalité ou du trafic d’armes. Ces fonds « sales » doivent être « nettoyés » pour être réinjectés dans le circuit légal et financer des opérations meurtrières.
C’est ce cycle infernal que le Bénin, à travers son Ministère de la Justice et de la Législation, entend briser. En accueillant un atelier régional de formation sur le blanchiment des avoirs criminels et le financement du terrorisme (LBC/FT) entre le 2 et le 4 février 2026, Cotonou réaffirme sa position de leader dans la coopération judiciaire transnationale.
Une coalition régionale sous l’égide de l’expertise internationale
La dimension régionale du défi est illustrée par la diversité des participants présents à Cotonou : magistrats, officiers de police judiciaire et experts institutionnels venus du Sénégal, du Tchad, de la Guinée, de la Mauritanie, de la Côte d’Ivoire et, bien sûr, du Bénin.
Ces acteurs de la chaîne pénale planchent sur des mécanismes complexes la détection précoce des transactions suspectes, les techniques de poursuites judiciaires spécialisées, la saisie et la confiscation systématique des avoirs criminels. L’idée fondamentale est simple mais radicale : si le crime ne paie plus, le crime s’arrête. En confisquant les biens mal acquis (immeubles, comptes bancaires, parcs automobiles), les États ne se contentent pas de punir ; ils privent les groupes armés de leur capacité de nuisance.
L’appel à une coopération sans faille
Le blanchiment et le financement du terrorisme ne sont pas de simples délits financiers, mais des menaces majeures pour la stabilité économique, la sécurité nationale et la paix sociale. De l’avis des experts, aucun État ne peut gagner cette guerre en solitaire. La criminalité transnationale est organisée, agile et sans frontières. En face, la réponse judiciaire doit être tout aussi structurée et solidaire. La coopération internationale n’est donc plus une option diplomatique, mais une nécessité opérationnelle.
L’enjeu dépasse les frontières de chaque pays. Il s’agit de protéger les citoyens. La lutte contre le blanchiment doit être menée avec une férocité sans précédent. Chaque dossier de blanchiment classé sans suite, chaque circuit de financement ignoré est une brèche dans laquelle s’engouffre le terrorisme pour recruter, s’armer et frapper.
La traque des flux financiers est souvent moins spectaculaire que les opérations militaires sur le terrain, mais elle est tout aussi décisive. En s’attaquant au portefeuille des réseaux criminels, les États frappent le terrorisme à la racine.
L’Afrique de l’Ouest doit se barricader financièrement. La lutte sera longue, mais la détermination affichée par les gouvernements de chaque pays et leurs partenaires laisse espérer une réduction drastique des ressources disponibles pour ceux qui tentent de déstabiliser la région.