Alors que les cloches des églises catholiques sonnent le temps de la pénitence et que les minarets ont annoncé le mois sacré du ramadan, le Bénin et le monde entier vivent au rythme d’une ferveur spirituelle intense. Mais au-delà des prières et des privations rituelles, une réalité scientifique s’impose : le jeûne est un allié médical de premier plan.
Depuis le mercredi des Cendres, les fidèles catholiques du Bénin et du monde entier ont entamé leur marche de 40 jours vers Pâques. Un temps de carême marqué par le partage, la prière et l’abstinence. Simultanément, la communauté musulmane observe elle aussi le Ramadan, un pilier de l’Islam qui impose un jeûne strict de l’aube au coucher du soleil pendant 30 jours.
Si pour le croyant, il s’agit d’une prescription divine pour purifier l’âme, pour le corps humain, c’est une véritable cure de jouvence.
La science derrière la privation : Une « opération ville propre » interne
Les nutritionnistes et biologistes sont formels : le jeûne déclenche des mécanismes biologiques fascinants. Le plus important est l’autophagie, un processus de nettoyage cellulaire où l’organisme, privé de nutriments extérieurs, se met à recycler ses propres composants endommagés ou vieillissants.
Les avantages thérapeutiques du jeûne et du carême sont nombreux. On peut évoquer le repos digestif, la détoxification sanguine, la clarté mentale. Le pancréas, le foie et l’estomac bénéficient d’une pause salutaire, permettant une meilleure régulation de l’insuline.
Le corps puise dans ses réserves de graisses, libérant et éliminant les toxines accumulées par une alimentation souvent trop riche en sucres et en huiles de friture. Beaucoup de pratiquants témoignent d’une amélioration de la concentration et d’une réduction de l’anxiété après les premiers jours de transition.
Le jeûne : Un outil de bien-être pour tous
Faut-il attendre les périodes religieuses pour se priver de nourriture ? Absolument pas. Au-delà du mois de Ramadan et de la période pascale, les experts recommandent d’intégrer le jeûne de manière séquentielle dans nos habitudes de vie.
Qu’il s’agisse du jeûne intermittent (manger sur une fenêtre de 8 heures et jeûner pendant 16 heures) ou de journées de carême hebdomadaires, la pratique permet de prévenir des maladies non transmissibles de plus en plus présentes au Bénin, telles que le diabète de type 2, l’hypertension artérielle et l’obésité.
« Le jeûne est le premier des médicaments. En privant le corps de nourriture, on permet à l’énergie vitale de se concentrer sur la guérison plutôt que sur la digestion. » — analyse un praticien de santé naturelle à Cotonou.
En définitive, que l’on soit chrétien, musulman ou simplement soucieux de sa santé, l’observation de ces périodes de privation est une opportunité de reprendre le contrôle sur ses pulsions alimentaires. Dans un monde de surconsommation, le carême et le jeûne nous rappellent que la discipline du corps est le socle de la santé de l’esprit.
Le Bénin, terre de tolérance religieuse, nous offre ici une leçon double : celle de la dévotion et celle de la préservation du « temple » qu’est notre corps.
