Les frappes militaires menées ce 28 février 2026 par les États-Unis et Israël contre des cibles en Iran, suivies de tirs de missiles iraniens visant notamment des bases américaines dans le Golfe, ont immédiatement tendu les marchés pétroliers. Le conflit, qui s’étend désormais à plusieurs États de la région, fait craindre une perturbation des exportations de brut transitant par le Moyen-Orient.
Les premières réactions ont été enregistrées sur les marchés internationaux quelques heures après les annonces officielles. Les investisseurs redoutent une déstabilisation durable de l’approvisionnement mondial en pétrole, alors que la zone concernée concentre une part significative de la production et des exportations.
Le détroit d’Ormuz, point stratégique sous tension
Le principal enjeu énergétique se situe dans le détroit d’Ormuz, passage maritime étroit entre l’Iran et Oman. Selon l’Agence d’information sur l’énergie des États-Unis (U.S. Energy Information Administration), environ 20 % du pétrole consommé dans le monde transite par cette voie maritime. Toute restriction, menace ou interruption du trafic dans cette zone aurait des conséquences immédiates sur les volumes disponibles sur le marché mondial.
L’Iran a déjà, par le passé, évoqué la possibilité de bloquer ce passage en cas de confrontation directe avec Washington. À ce stade, aucune fermeture officielle n’a été annoncée. Toutefois, une dégradation de la sécurité maritime pourrait inciter les compagnies pétrolières et les assureurs à suspendre temporairement certaines rotations de tankers, ce qui réduirait l’offre disponible.
Les États producteurs du Golfe, dont l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Koweït, figurent parmi les principaux exportateurs mondiaux. Une baisse, même partielle, de leurs expéditions se répercuterait sur les prix internationaux du baril.
Réaction immédiate des marchés pétroliers
Les marchés à terme ont intégré ce risque dès les premières heures du conflit. Reuters rapporte que les cours du pétrole ont progressé après l’annonce des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran et la riposte iranienne visant des installations liées aux forces américaines dans la région.
L’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (OPEP+) pourraient être amenés à ajuster leur production en cas de perturbation durable. Aucune décision officielle n’a toutefois été annoncée à ce stade. Les précédentes crises régionales ont montré que l’anticipation d’un risque suffit à provoquer une hausse des prix, indépendamment d’une pénurie effective.
Le pétrole étant coté en dollars sur les marchés internationaux, toute variation du baril se transmet aux importateurs, puis aux raffineries et aux distributeurs. Les États qui subventionnent partiellement le carburant peuvent amortir temporairement le choc, mais une hausse prolongée finit généralement par atteindre le consommateur final.
Une répercussion différée à la pompe
Le prix du carburant dans les stations-service n’évolue pas instantanément. Les distributeurs écoulent d’abord leurs stocks achetés à des tarifs antérieurs. Selon les pratiques observées lors de précédentes tensions au Moyen-Orient, le décalage peut varier de une à quatre semaines.
En France, par exemple, les tarifs sont publiés quotidiennement par le ministère de la Transition écologique via la base de données publique « prix-carburants.gouv.fr ». Une hausse durable des cours internationaux se traduirait progressivement dans ces relevés officiels. Dans les pays où les prix sont administrés, l’ajustement dépendra des décisions gouvernementales.
L’ampleur de la hausse dépendra de l’évolution militaire des prochains jours. Une stabilisation rapide du trafic maritime limiterait l’impact. À l’inverse, une extension des frappes ou une menace explicite sur le détroit d’Ormuz amplifierait la tension sur les marchés. À ce stade, aucune rupture d’approvisionnement n’a été confirmée par les autorités américaines ou par les États du Golfe. Les prochains indicateurs à surveiller seront l’évolution des exportations dans la région et les décisions éventuelles de l’OPEP+ lors de ses prochaines consultations.

