Le rêve s’est brisé au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, le 18 janvier dernier. Devant un public acquis à leur cause, les Lions de l’Atlas ont vu leur quête d’un deuxième sacre continental s’évanouir face au Sénégal (0-1, après prolongation), au terme d’une finale entrée dans l’histoire autant pour son intensité que pour ses controverses. Après un match âpre et indécis, c’est une frappe somptueuse de Pape Gueye en début de prolongation qui a fait basculer la rencontre en faveur des Lions de la Teranga. Quelques minutes plus tôt, Brahim Diaz, meilleur buteur du tournoi, avait eu le destin du Maroc entre les pieds sur un penalty obtenu dans les ultimes secondes du temps additionnel. Sa tentative de panenka, mal exécutée, a été facilement captée par Édouard Mendy, plongeant tout un peuple dans la consternation. Trois semaines après ce cruel dénouement, Walid Regragui vient de prendre une décision qui secoue le football marocain : selon les informations du média Foot Mercato, confirmées par RMC Sport, le sélectionneur a présenté sa démission à la Fédération royale marocaine de football (FRMF).
Un départ surprise malgré un bilan honorable
La nouvelle a de quoi surprendre au regard du parcours accompli par le technicien franco-marocain de 50 ans à la tête de la sélection. Artisan de l’historique demi-finale lors de la Coupe du monde 2022 au Qatar, Regragui avait réussi à ramener le Maroc en finale d’une CAN pour la première fois depuis 2004, effaçant au passage le fiasco de l’édition précédente en Côte d’Ivoire, soldée par une élimination dès les huitièmes de finale face à l’Afrique du Sud (0-2). Mais l’échec de Rabat, survenu devant le public marocain et dans un contexte de pression nationale immense, semble avoir eu raison de sa détermination. Épuisé par une compétition éprouvante et marqué par les circonstances chaotiques de cette finale — entre incidents en tribunes, interruption prolongée du match et occasion décisive gâchée —, le sélectionneur a fait savoir qu’il ne souhaitait pas poursuivre l’aventure, à moins de six mois du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026.
La FRMF face à un dilemme majeur
À ce stade, aucune réponse officielle n’a été formulée par la fédération. La décision finale revient à Fouzi Lekjaa, président de la FRMF, qui avait déjà maintenu Regragui en poste après la contre-performance en Côte d’Ivoire et n’a jamais cessé de lui témoigner publiquement sa confiance. Deux options se dessinent désormais : refuser cette démission et convaincre le sélectionneur de conduire les Lions de l’Atlas au Mondial américain, ou accepter le départ et engager dans l’urgence un processus de succession à quelques mois seulement de l’échéance planétaire.
Si l’hypothèse d’un changement de cap venait à se confirmer, un nom revient avec insistance dans les cercles proches de la fédération : celui de Tarik Sektioui. L’ancien international marocain, passé par l’AJ Auxerre et le FC Porto, a connu une ascension remarquable en tant qu’entraîneur ces derniers mois, avec une médaille de bronze aux Jeux olympiques de Paris 2024, un sacre au Championnat d’Afrique des Nations et une victoire en Coupe arabe. Selon certaines sources, la FRMF envisagerait même de lui adjoindre Andrés Iniesta, l’ancien maestro du FC Barcelone et de la sélection espagnole, comme adjoint, accompagné de Youssef Hadji en tant que second assistant.
Quoi qu’il advienne, Walid Regragui quittera — s’il quitte — le banc des Lions de l’Atlas en ayant marqué de manière indélébile l’histoire du football marocain. « L’image qu’on a donnée de l’Afrique est honteuse », avait-il lancé en conférence de presse après la finale, sans jamais inclure le mot « nous » pour évoquer l’avenir de la sélection. Un indice qui, rétrospectivement, prenait déjà des allures d’adieu.



