Cinq organisations de défense des droits humains attaquent frontalement les patrons de la Fifa et de l’UEFA. La Cour pénale internationale examine désormais les accusations selon lesquelles ces instances cautionneraient les colonies israéliennes en Cisjordanie par le biais du football.
Des accusations lourdes au-delà du sport
La Cour pénale internationale a reçu une plainte inédite. Gianni Infantino, président de la Fifa, et Aleksander Čeferin, patron de l’UEFA, y figurent comme complices présumés de crimes de guerre. L’accusation porte sur un détail : autoriser des clubs de football basés dans des colonies israéliens à participer aux compétitions officielles.
Ces organisations – Irish Sport for Palestine, Scottish Sport for Palestine, Just Peace Advocates, Euro-Med Human Rights Monitor et Sport Scholars for Justice in Palestine – ont cosigné un document de 120 pages auprès de la Cour. Des footballeurs palestiniens et des propriétaires fonciers y ont apposé leur nom. Le grief central demeure identique : « L’inclusion par la Fifa et l’UEFA de clubs de football israéliens basés dans des colonies illégales en territoire palestinien occupé, construites sur des terres volées au peuple palestinien. »
À Gaza, un cessez-le-feu fragile tient depuis octobre 2025, mais les décombres s’accumulent. Deux ans de guerre ont rasé l’enclave. Simultanément, en Cisjordanie, Israël étend sa présence par des décisions dénoncées comme violant le droit international. C’est précisément sur ce terrain – au sens propre – que les plaignants positionnent l’enjeu footballistique.
Le cœur de l’accusation dépasse le sport. « Les dirigeants de la Fifa et l’UEFA autorisent ces clubs à participer aux championnats organisés par la Fédération israélienne de football et à disputer des matchs sur les terrains saisis« , rappelle le communiqué. Les plaignants ne demandent pas seulement une enquête. Ils chargent lourdement : crimes contre l’humanité, complicité de crimes de guerre. Infantino et Čeferin figureraient dans le communiqué comme acteurs institutionnels d’une machine qui normalise l’occupation coloniale par le football.
Silence des instances et débat sur la neutralité
Ni la Fifa ni l’UEFA n’ont réagi publiquement à cette plainte. Les deux organisations maintiennent historiquement une posture de neutralité politique, affirmant que le sport transcende les frontières. Cette position, les accusateurs la contredisent radicalement : ignorer un problème, c’est le cautionner.
Donald Trump a lancé en février 2026 son « Conseil de paix » pour explorer des pistes de reconstruction à Gaza, en présence du président de la FIFA, Gianni Infantino. La FIFA a évoqué un partenariat autour du rôle du football comme levier de reconstruction et de coopération, avec des projets d’infrastructures et de programmes sociaux. Cette participation a toutefois suscité une polémique, plusieurs observateurs dénonçant un mélange entre sport et politique et s’inquiétant d’une atteinte à la neutralité de l’instance mondiale du football.
Parallèlement, cette plainte place deux des plus puissants patrons du football face à une procédure qui pourrait, sinon déboucher, du moins documenter leur rôle dans la gestion politique du conflit via les instances sportives. La CPI examinera si la Fifa et l’UEFA ont dépassé leur simple fonction réglementaire pour devenir des vecteurs de normalisation d’une occupation contestée. Aucune date d’examen n’a été communiquée.
