Défense : l'Europe envisage un « jailbreak » de ses F-35 face aux pressions de Washington

L’analogie a fait l’effet d’une détonation dans le milieu feutré de la défense. Lors d’une intervention sur BNR Nieuwsradio le 15 février 2026, le secrétaire d’État néerlandais à la Défense, Gijs Tuinman, a affirmé que les alliés européens pourraient techniquement « jailbreaker » leurs chasseurs furtifs F-35, à la manière d’un smartphone, pour s’affranchir du contrôle américain. Cette déclaration intervient alors que les tensions entre l’administration de Donald Trump et l’Europe atteignent un point de rupture, ravivées par les ambitions territoriales de Washington sur le Groenland.

La fin du tabou de la dépendance technologique

Depuis le retour de l’ancien président à la Maison-Blanche, la crainte d’un « bouton d’arrêt » informatique n’est plus une simple théorie de couloir. Le système ODIN, qui gère les données critiques du F-35 depuis des serveurs basés aux États-Unis, est désormais perçu comme une véritable laisse numérique. En suggérant publiquement qu’un pays client pourrait forcer le logiciel de Lockheed Martin pour en prendre le contrôle total, La Haye brise un tabou majeur au sein de l’OTAN. Jusqu’ici, seul Israël avait obtenu le privilège d’installer ses propres codes sur l’appareil. Pour les pays européens, qui aligneront bientôt des centaines de ces avions, l’enjeu est de ne pas voir leur flotte paralysée par une décision administrative unilatérale en cas de désaccord diplomatique profond.

Le spectre du chantage au Groenland

Cette quête de souveraineté logicielle est directement alimentée par la résurrection de la crise arctique. Les récents échanges acrimonieux entre l’administration américaine et le gouvernement du Danemark — le président américain ayant réitéré son souhait d’acquérir l’île ou, à défaut, d’y imposer une administration sous tutelle — ont glacé les capitales européennes. Copenhague, l’un des clients les plus fidèles du programme F-35, redoute ouvertement que les autorités américaines n’utilisent la maintenance des appareils comme levier de pression pour forcer une cession territoriale ou minière. En brandissant la menace du piratage de leur propre arsenal, les Européens signifient que leur loyauté militaire ne saurait servir de monnaie d’échange à une politique transactionnelle agressive. « On peut « jailbreaker » un F-35 comme on le fait avec un iPhone », a prévenu le responsable néerlandais, marquant le début d’une ère de défiance technologique sans précédent entre alliés historiques.

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