La dette mondiale a augmenté d’environ 29 000 milliards de dollars en 2025, selon un rapport de l’Institute of International Finance (IIF), une association internationale représentant les institutions financières. Cette progression, qui porte l’encours global à près de 350 000 milliards de dollars, est largement liée à la hausse des dépenses publiques et des investissements aux États-Unis, en Chine et en Europe.
Le rapport indique que l’endettement global s’est « fortement accéléré » au cours de l’année, avec un rôle prépondérant des grandes économies. Les États ont accru leurs emprunts pour soutenir l’activité, financer les infrastructures et accompagner certaines transitions économiques.
Une progression tirée par les grandes économies
Les États-Unis et la Chine concentrent une part importante de cette augmentation. La première économie mondiale continue d’enregistrer des déficits élevés, liés notamment aux dépenses publiques et aux investissements dans l’innovation, l’énergie et la défense. La Chine, de son côté, poursuit une politique de soutien à son économie, avec des investissements publics importants pour maintenir la croissance.
L’Europe contribue également à cette dynamique, même si dans des proportions moindres. Plusieurs pays ont maintenu des niveaux d’endettement élevés afin de soutenir l’activité économique et de financer leurs politiques publiques.
Selon les données de l’Institute of International Finance, la dette publique mondiale dépasse désormais les 100 000 milliards de dollars, confirmant le rôle central des États dans la progression globale. Cette évolution marque un changement par rapport aux années précédentes, où l’endettement des entreprises et des ménages jouait un rôle plus déterminant.
« À l’avenir, l’accumulation de la dette mondiale devrait rester soutenue en raison de la hausse des besoins d’emprunt des gouvernements, notamment aux États-Unis, en Chine, en Allemagne, au Japon et en Inde », lit-on dans le rapport.
Une tendance installée depuis plusieurs années
L’augmentation de la dette mondiale ne se limite pas à l’année 2025. Elle s’inscrit dans une trajectoire amorcée depuis plus d’une décennie. La crise financière de 2008 avait déjà entraîné une hausse significative de l’endettement public. La pandémie de Covid-19 a ensuite accéléré ce phénomène, avec des plans de soutien massifs mis en place dans de nombreux pays.
Depuis, les niveaux d’endettement restent élevés, portés par des politiques budgétaires actives et des besoins d’investissement croissants. Les États continuent de recourir au financement par emprunt pour soutenir leurs économies, moderniser leurs infrastructures ou répondre à des priorités stratégiques.
Le Fonds monétaire international (FMI) estime par ailleurs que la dette publique mondiale représente plus de 90 % du produit intérieur brut global, un niveau historiquement élevé. Cette situation reflète une dépendance accrue au financement par les marchés financiers.
Des implications économiques et financières
La progression de la dette mondiale soulève plusieurs enjeux pour les économies. La hausse des taux d’intérêt observée dans plusieurs régions augmente le coût du service de la dette, ce qui peut peser sur les finances publiques. Certains pays, notamment les économies émergentes, sont plus exposés à ces contraintes.
L’endettement élevé peut également limiter les marges de manœuvre budgétaires. Les États doivent arbitrer entre le remboursement de leur dette et le financement de leurs politiques publiques, ce qui peut affecter certains investissements ou programmes.
Les marchés financiers restent pour l’instant en mesure d’absorber ces niveaux d’endettement, mais leur stabilité dépend de la confiance des investisseurs. Toute dégradation de cette confiance pourrait entraîner des tensions sur les conditions de financement.
Une évolution surveillée par les institutions internationales
Les organisations internationales suivent de près cette évolution. Le Fonds monétaire international et la Banque mondiale alertent régulièrement sur les risques associés à un endettement élevé, notamment pour les pays à revenus faibles ou intermédiaires.
Plusieurs initiatives ont été mises en place pour accompagner les États les plus vulnérables, notamment des programmes de restructuration ou de suspension de la dette. Ces mécanismes visent à éviter des situations de défaut qui pourraient fragiliser l’ensemble du système financier.

