Développement : à quoi sert le « diaspora bond » lancé par Ibrahim Traoré au Burkina Faso ?

Le gouvernement du Burkina Faso, dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré, a annoncé le 23 février 2026 à Ouagadougou le lancement d’un emprunt obligataire destiné aux Burkinabè vivant à l’étranger. L’opération, présentée par le ministère burkinabè de l’Économie et des Finances, prévoit de mobiliser 240 milliards de francs CFA, soit environ 366 millions d’euros, selon le média économique Financial Afrik.

Baptisé « diaspora bond », le dispositif doit permettre aux ressortissants installés hors du pays d’acheter directement des obligations d’État afin de financer des projets publics et des investissements productifs.

Une levée de fonds ouverte aux expatriés

L’emprunt prendra la forme d’une obligation publique souscrite volontairement par les membres de la diaspora. D’après Sika Finance, la souscription doit débuter le 16 mars 2026 et sera accessible via des banques partenaires habilitées à commercialiser les titres.

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Concrètement, les investisseurs prêtent de l’argent à l’État burkinabè pour une durée déterminée et perçoivent en échange des intérêts selon les conditions fixées lors de l’émission. Ce mécanisme correspond aux obligations souveraines classiques, mais la souscription est réservée aux ressortissants vivant à l’étranger.

Les autorités burkinabè indiquent vouloir affecter les fonds à des projets industriels et à des infrastructures, notamment routières, afin de soutenir la production nationale et les investissements publics.

Un procédé déjà utilisé ailleurs en Afrique

Le Burkina Faso rejoint plusieurs pays africains ayant déjà sollicité l’épargne de leurs expatriés.

L’Éthiopie a mené une opération comparable pour financer le barrage hydroélectrique de la Renaissance sur le Nil Bleu, avec des souscriptions ouvertes dans les ambassades et les banques publiques auprès des communautés établies en Amérique du Nord, en Europe et au Moyen-Orient.

Le Nigeria a également émis un « diaspora bond » en 2017, libellé en dollars et enregistré sur les marchés financiers internationaux afin de financer des infrastructures de transport et d’énergie.

En Afrique de l’Ouest, le Sénégal a proposé des emprunts obligataires accessibles aux Sénégalais de l’étranger pour soutenir le financement du Plan Sénégal Émergent, programme d’investissement public de l’État, avec des souscriptions possibles depuis l’Europe et l’Amérique du Nord via des institutions financières partenaires.

Ces précédents reposent sur un modèle dans lequel la diaspora constitue une source de financement public complémentaire aux prêts extérieurs.

Un calendrier déjà fixé

Le gouvernement burkinabè prévoit l’ouverture officielle de la souscription le 16 mars 2026, selon Sika Finance. La collecte doit se dérouler sur une période limitée dont les modalités détaillées seront précisées dans la notice d’émission, puis les obligations émises entreront en phase de remboursement selon l’échéancier fixé par le Trésor public burkinabè, chargé du paiement des intérêts aux investisseurs.

1 réflexion au sujet de « Développement : à quoi sert le « diaspora bond » lancé par Ibrahim Traoré au Burkina Faso ? »

  1. « Les autorités burkinabè indiquent vouloir affecter les fonds à des projets industriels, …infrastructures…routières »
    Le dispositif est bon sur le principe. Il permet aux nationaux expatriés de détenir la dette de leur pays, comme au Japon

    Seulement, on est en Afrique, dans un pays dirigé par une junte de putschistes…
    Quel instance pour décider de l’investissement de ces fonds ?
    Quelle instance pour assurer la transparence ?

    Soyons en train…

    \\\\.///
    (@_@)

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