États-Unis : un tribunal ordonne à l'ICE de libérer un Nigérian détenu illégalement depuis janvier

Pendant des semaines, Michael Opeoluwa Egbele n’a pas pu contacter sa femme ni son avocat. Un juge fédéral du Minnesota vient de trancher : sa détention par l’ICE ne repose sur aucun fondement légal.

Des semaines sans contact, une femme dans l’ignorance

Détenu lors d’un rendez-vous de contrôle de routine en janvier 2026, Egbele disparaît dans la machine administrative de l’ICE. Transféré au Montana, puis au Nouveau-Mexique, il reste injoignable. Ce n’est qu’aux alentours du 13 février que l’agence lui accorde un bref appel téléphonique — le temps d’informer son épouse, citoyenne américaine, de sa détention. Elle apprendra le reste par un codétenu.

Entré irrégulièrement aux États-Unis en 2003, Egbele avait demandé l’asile après une arrestation pour infraction à la législation sur les stupéfiants en 2012. Débouté, il s’était vu notifier une mesure d’expulsion — jamais exécutée. Pendant plus d’une décennie, l’ICE et lui coexistent sous un régime de supervision : des pointages réguliers, aucune rupture. Jusqu’en janvier 2026, l’agence justifie la révocation de la supervision par un motif : Egbele n’aurait pas obtenu de document de voyage vers le Nigeria, comme l’exigeaient les conditions de son suivi. Lui conteste n’avoir reçu aucune notification préalable de cette révocation.

Le juge balaie l’argument de Washington

Le juge senior John M. Gerrard ne retient pas la thèse de l’administration. Dans sa décision, il ordonne la libération immédiate sous les conditions de l’ancienne supervision et fixe au 20 février 2026 la date limite pour qu’un rapport de conformité soit déposé. Washington avait tenté de faire valoir l’incompétence territoriale du tribunal du Minnesota, Egbele étant alors retenu au Nouveau-Mexique. Argument rejeté.

Publicité

« Le gouvernement devra immédiatement remettre le requérant en liberté, conformément aux conditions de son ordre de supervision préexistant », tranche le juge Gerrard.

Plusieurs juridictions fédérales ont multiplié les injonctions contre l’ICE depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, l’agence étant accusée de procéder à des arrestations sans base légale suffisante, de transférer des détenus hors de leur État de résidence pour contourner les tribunaux locaux, et de priver certains individus de tout accès à un conseil juridique dans les premières heures de leur détention. Le gouvernement fédéral n’a pas indiqué s’il entendait faire appel de la décision du juge Gerrard. Le délai de conformité fixé au 20 février constitue désormais l’échéance immédiate de ce dossier.

Laisser un commentaire