Faux cancer : une mère poursuivie pour une escroquerie de 350 000 € aux dons en Allemagne

La justice allemande s’intéresse de près à une affaire qui a profondément choqué l’opinion publique. Une mère de famille est accusée d’avoir exploité la générosité de centaines de donateurs en inventant le cancer de son propre fils précise Bild. En se présentant comme une parent démunie, elle aurait réussi à collecter environ 350 000 € avant que les incohérences de son récit ne suscitent des soupçons. Le parquet a désormais engagé des poursuites pour escroquerie.

Derrière cette affaire, ce sont à la fois la question de la confiance dans les appels aux dons et celle de l’instrumentalisation de la maladie d’un enfant qui se trouvent posées, dans un pays où la solidarité privée s’appuie de plus en plus sur les réseaux sociaux et les plateformes numériques.

Une escroquerie présumée révélée par l’enquête en Allemagne

Selon les éléments communiqués par le parquet de Giessen, dans le Land de Hesse, la quadragénaire aurait bâti son stratagème autour d’un récit soigneusement élaboré. Elle affirmait que son fils souffrait d’un cancer nécessitant un traitement spécifique à l’étranger, notamment aux États-Unis. Ce soin, présenté comme indispensable, aurait été refusé par l’assurance maladie, ouvrant la voie à des appels répétés à la solidarité du public.

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Pour crédibiliser son discours, la mère aurait multiplié les interventions publiques. Des vidéos diffusées en ligne la montraient expliquant les prétendues difficultés médicales de l’enfant et l’urgence financière de la situation. À plusieurs reprises, le garçon aurait été exposé en fauteuil roulant, y compris devant des médias, renforçant l’émotion suscitée par ces appels aux dons.

C’est l’accumulation d’éléments jugés contradictoires qui aurait finalement alerté des tiers et conduit à l’ouverture d’une enquête. Les autorités estiment aujourd’hui que la maladie invoquée n’existait pas et que l’argent récolté reposait sur des déclarations mensongères. Le montant total des dons perçus est évalué à environ 350 000 €, une somme qui place l’affaire parmi les escroqueries caritatives les plus marquantes de ces dernières années en Allemagne.

Réseaux sociaux, appels aux dons et récidive judiciaire

L’enquête a également mis en évidence le rôle central des réseaux sociaux dans la diffusion du récit. Les plateformes ont servi de relais pour toucher un large public, bien au-delà du cercle familial ou local. Ce mode de collecte, rapide et peu encadré, a facilité la mobilisation de donateurs convaincus de soutenir un enfant gravement malade.

Les investigations ont par ailleurs révélé que la suspecte n’était pas inconnue de la justice. Entre septembre 2021 et octobre 2024, elle avait déjà été condamnée à plusieurs reprises pour des faits d’escroquerie. Ces antécédents renforcent la gravité des accusations actuelles et pèsent lourdement dans l’appréciation du dossier par le parquet.

Face à ces éléments, les autorités judiciaires cherchent désormais à établir précisément l’usage des fonds collectés et à déterminer si d’autres personnes ont pu être impliquées, directement ou indirectement, dans la diffusion des faux appels à l’aide. Aucune information confirmée n’indique toutefois que les donateurs étaient conscients de la supercherie au moment des versements.

Une affaire aux répercussions immédiates

Au-delà du sort judiciaire de la mère mise en cause, cette affaire soulève des interrogations concrètes sur les mécanismes de solidarité en ligne. Elle rappelle la nécessité, pour les donateurs, de vérifier autant que possible la crédibilité des campagnes qu’ils soutiennent, sans pour autant remettre en cause le principe même de l’entraide.

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