Hospitalisé au centre hospitalier universitaire (CHU) de Nice depuis juillet 2025, Youssef Lkibibi, un ressortissant marocain de 22 ans en situation irrégulière, a reçu le 15 janvier une obligation de quitter le territoire français (OQTF) alors qu’il est toujours en soins. Le jeune homme avait été admis après un accident qui l’a laissé tétraplégique, selon des informations rapportées par le quotidien Nice-Matin.
Originaire d’une localité proche de Tétouan, Youssef Lkibibi avait quitté le Maroc dans l’espoir de rejoindre l’Europe. Son parcours a été interrompu à Nice, où un plongeon accidentel a provoqué une grave atteinte de la moelle épinière. Pris en charge en urgence, il a subi plusieurs interventions chirurgicales avant de rester plongé dans un coma prolongé. À son réveil, son état neurologique s’est révélé lourdement altéré, avec une paralysie des membres.
Une notification en pleine hospitalisation
Le 15 janvier, deux fonctionnaires de police se sont présentés à son chevet pour lui notifier une obligation de quitter le territoire français. Cette décision administrative, prise par les autorités préfectorales, vise les étrangers en situation irrégulière et leur impose de quitter la France dans un délai déterminé, généralement de 30 jours.
Selon Nice-Matin, cette notification est intervenue alors que le jeune homme demeure hospitalisé et dépendant de soins constants. Sa situation médicale, marquée par une perte de mobilité et une assistance quotidienne, rend toute perspective de déplacement particulièrement complexe. Le cadre juridique prévoit que certaines situations peuvent faire obstacle à l’exécution d’une mesure d’éloignement.
Un recours engagé par la défense
Face à cette décision, l’avocat du jeune homme, Me Sefen Guez Guez, a introduit un recours devant la juridiction administrative compétente. Cette démarche vise à contester la légalité de l’OQTF et à obtenir sa suspension.
La procédure prévoit que le recours contre une obligation de quitter le territoire doit être déposé dans un délai de 30 jours lorsque la mesure est assortie d’un délai de départ volontaire. Dans ce cas, le recours est en principe suspensif, ce qui signifie que l’éloignement ne peut être exécuté tant que le juge ne s’est pas prononcé. La défense entend faire valoir l’état de santé du patient et les conditions de sa prise en charge. « Ce dossier est clairement inhumain ! », a déclaré Me Sefen Guez Guez au quotidien régional.

