Depuis sa première participation olympique en 1972 sous le nom de Dahomey, le Bénin n’avait jamais franchi le seuil des Jeux d’hiver. Cette absence s’explique naturellement par l’absence de montagnes et de neige sur le territoire béninois. Pourtant, en février 2026, le pays ouest-africain vivra un moment historique avec sa toute première représentation aux compétitions hivernales de Milan Cortina. Cette percée inédite porte le visage d’un jeune homme de 21 ans qui a grandi loin de ses racines, sur les pentes enneigées des Alpes françaises.
Nathan Tchibozo, étudiant en bachelor Commerce et marketing sportif à Win Sport School avec le statut de sportif de haut niveau, disputera les épreuves de slalom et de slalom géant les 14 et 16 février. Installé à l’année aux Deux-Alpes en Isère, ce fils de parents béninois a appris à skier dès l’âge de six ans, développant progressivement une expertise qui le positionne aujourd’hui parmi les 500 meilleurs skieurs mondiaux.
Nathan Tchibozo trace sa route entre études et compétition internationale
Comme l’a indiqué Le dauphiné, l’annonce de sa sélection a provoqué chez le jeune athlète un mélange de soulagement et de fierté intense. Sa première pensée s’est tournée vers sa famille, notamment son père qui a joué un rôle déterminant en créant la Fédération de ski du Bénin spécifiquement pour lui ouvrir cette opportunité. Cette démarche administrative et sportive témoigne de la détermination familiale à briser les barrières géographiques et culturelles.
Jérôme Baptendier, directeur du campus Ipac, souligne la légitimité sportive de cette participation. Loin d’être une présence symbolique, Nathan évolue régulièrement sur les circuits nationaux et internationaux avec des résultats probants. Son entraîneur observe que l’écart chronométrique avec l’élite mondiale se mesure en quelques secondes seulement sur un même terrain, preuve que le Béninois fait pleinement partie du jeu compétitif. Cette proximité avec les meilleurs démontre qu’il ne s’agit nullement d’une participation folklorique, contrairement à certains pionniers venus « pour le fun » lors de précédentes éditions olympiques.
Un message d’inspiration pour la jeunesse africaine à travers le ski alpin
Au-delà de la performance personnelle, Nathan porte une ambition plus vaste pour son continent. Son message à destination de la jeunesse béninoise et africaine résonne avec force : la pratique d’un sport dans son pays d’origine ne constitue pas une condition préalable à l’excellence. Le travail et l’acharnement peuvent compenser n’importe quel handicap géographique ou culturel. Il espère que son parcours ouvrira la voie à d’autres talents continentaux dans les disciplines hivernales, démontrant qu’aucun rêve n’est inaccessible.
Conscient de l’importance historique de sa participation, le jeune skieur aborde cette responsabilité avec une humilité remarquable. Il préfère ne pas trop penser à la portée symbolique de son engagement pour éviter la pression supplémentaire, privilégiant l’authenticité et la spontanéité. Sa stratégie olympique repose sur la régularité et le plaisir : reproduire ce qu’il réalise à l’entraînement sans se laisser submerger par l’événement.
Nathan Tchibozo résume sa philosophie en deux principes simples : ne rien lâcher et croire en soi. Des valeurs qui pourraient bien inspirer toute une génération d’athlètes africains à explorer des territoires sportifs inattendus, prouvant que la neige et les montagnes ne sont pas des préalables indispensables pour briller sur les pistes olympiques.


