La CEDEAO accuse le Nigéria d'ignorer 80% de ses décisions

La Cour de justice de la CEDEAO dénonce l’inertie du Nigéria. Quatre-vingts pour cent de ses jugements resteraient sans exécution selon le président de la juridiction régionale.

Une visite de courtoisie tendue

Mercredi, le président de la Cour de la CEDEAO, Ricardo Gonçalves, s’est rendu à Abuja pour rencontrer la présidente de la Cour suprême nigériane, Kudirat Kekere-Ekun. Il a dénoncé que 80 % des décisions de la juridiction restent ignorées et a sollicité l’appui du pouvoir judiciaire pour garantir leur application. Gonçalves a imputé ce blocage à un manque de volonté politique, soulignant que l’exemple du Nigéria conditionnerait le suivi par les autres États membres.

La présidente Kekere-Ekun a reçu la délégation en saluant les « décisions historiques et remarquables » rendues sur les droits fondamentaux. Elle a proposé de réviser les directives existantes afin de faciliter l’exécution des arrêts et rappelé que leur mise en œuvre dépend principalement du pouvoir exécutif.

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Poids politique et économique du Nigéria

La situation souligne une tension récurrente : le Nigéria détient une place prépondérante au sein de la CEDEAO, par sa population de plus de 200 millions d’habitants et son PIB dominant. Principal contributeur financier et puissance militaire régionale, le pays influence fortement les décisions communautaires. L’inertie dans l’application des jugements de la Cour de justice interroge donc sur l’efficacité de la juridiction face à ses États membres les plus puissants.

La rencontre avait également pour objectif d’établir une procédure standard pour l’application des arrêts. Aucune date précise n’a été communiquée pour la mise en œuvre de ces recommandations. La Cour de la CEDEAO pourrait organiser de nouvelles consultations bilatérales dans les prochaines semaines afin de suivre l’évolution de la situation au Nigeria.

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