La Chine transforme un désert en terre cultivable grâce à des cyanobactéries

Des chercheurs chinois accélèrent la stabilisation des sols désertiques. Une technologie expérimentale développée dans le nord-ouest de la Chine permettrait de former une couche biologique en quelques années, contre plus d’une décennie dans des conditions naturelles.

Une équipe scientifique chinoise teste des « semences de sol » capables de fixer le sable et de préparer le terrain à la végétation, selon l’agence de presse Xinhua. L’expérimentation se déroule à la station de Shapotou, rattachée à l’Académie chinoise des sciences.

Ces semences reposent sur des cyanobactéries conditionnées sous forme solide. Une fois dispersées sur le sable, elles se réactivent sous l’effet de la pluie, s’agrègent aux grains et forment un biofilm. Cette couche stabilise la surface et facilite l’implantation des plantes. À Shapotou, les chercheurs parlent d’un changement d’échelle.

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Une avancée technique sur les sols arides

Au départ, les essais en laboratoire n’avaient pas résisté aux conditions du désert. Exposées au vent et à la mobilité du sable, les cyanobactéries disparaissaient en moins d’une semaine. Inspirée des mécanismes naturels, l’équipe a ajusté sa méthode. Une injection sous pression permet désormais d’introduire les micro-organismes entre les grains de sable, limitant leur dispersion et améliorant leur implantation.

Résultat avancé par les chercheurs : le biofilm, qui mettrait jusqu’à quinze ans à se former spontanément, pourrait apparaître en un à deux ans. Le taux de survie dépasserait 60 %. La stabilisation du sable, un processus qui peut s’étendre sur de longues périodes, serait ramenée à quelques années. Ces résultats restent issus d’essais expérimentaux.

Agriculture et sécurité alimentaire en ligne de mire

L’enjeu dépasse la seule lutte contre l’érosion. Dans de nombreux pays, la progression des zones arides réduit les terres cultivables et fragilise la production alimentaire. En Afrique comme en Asie, des millions d’hectares subissent l’avancée du désert. Restaurer les sols constitue un levier direct pour maintenir les rendements agricoles, limiter l’exode rural et sécuriser les revenus des exploitants.

La technologie testée en Chine ne vise pas une transformation immédiate en terres fertiles. Elle installe une base biologique. Sur ce socle, des plantes pionnières peuvent s’implanter, ouvrant la voie à une reconstitution progressive des sols. Plutôt que planter directement des arbres — une stratégie souvent inefficace sur des dunes instables — les chercheurs privilégient la reconstruction préalable de la structure du sol. Le dispositif a été intégré au programme de forêts brise-vent dans le nord du pays. Les autorités visent la restauration de 5 300 à 6 600 hectares au cours des cinq prochaines années.

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