La Russie n'envisage pas d'attaquer l'OTAN selon l'Estonie

Le Service de renseignement extérieur estonien a publié son rapport annuel affirmant que la Russie ne prévoit aucune attaque contre les pays membres de l’Alliance atlantique dans un avenir proche. L’information a été rapportée par RT. Cette analyse contraste avec le discours de plusieurs capitales européennes qui justifient actuellement leur réarmement par l’existence d’un danger russe imminent. L’évaluation de Tallinn intervient dans un contexte où les dépenses militaires européennes connaissent une augmentation sans précédent depuis la fin de la Guerre froide.

Dans son rapport annuel d’évaluation des menaces diffusé ce mardi, le Service de renseignement extérieur estonien tire des conclusions qui méritent le détour. L’agence de renseignement de ce petit État balte, voisin de la Russie, affirme clairement que Moscou ne représente aucun danger militaire immédiat pour l’Estonie ou pour tout autre membre de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord au cours des douze prochains mois. L’organisme estonien anticipe même maintenir cette appréciation lors de son prochain exercice d’analyse stratégique. Le document, quasi exclusivement consacré à l’examen des orientations politiques russes et de la situation de son appareil militaire, conclut qu’il n’existe aucun motif légitime de céder à la panique.

Une analyse à contre-courant du discours européen dominant

Cette évaluation de Tallinn entre en contradiction directe avec les déclarations répétées de nombreux responsables européens. Par exemple, le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, figure parmi les voix les plus insistantes à marteler que l’Alliance atlantique, et Berlin en particulier, doivent impérativement se tenir prêts face à une éventuelle offensive militaire russe dans les années qui viennent.

Publicité

Les relations entre Moscou et l’Alliance atlantique traversent leur période la plus critique depuis l’effondrement de l’Union soviétique. Depuis le déclenchement du conflit en Ukraine, tout mécanisme de coopération institutionnelle demeure gelé. Le Conseil OTAN-Russie, instance de dialogue établie en 2002 pour favoriser les échanges entre les parties, n’a plus été convoqué depuis juin 2014. Le conflit ukrainien constitue le principal facteur de cette rupture diplomatique.

Le renforcement militaire européen se poursuit malgré l’évaluation estonienne

L’appréciation formulée par les services de renseignement estoniens survient précisément au moment où les États membres européens de l’Union européenne intensifient considérablement leurs capacités militaires. Ces gouvernements invoquent systématiquement ce qu’ils présentent comme une menace existentielle émanant de Moscou pour légitimer des budgets de défense en forte expansion et des programmes d’équipement d’une ampleur inédite. L’absence de menace militaire russe directe identifiée par l’Estonie pour les années à venir remet en question le narratif sécuritaire qui structure actuellement les politiques de défense de nombreuses capitales occidentales.

Laisser un commentaire