Le grand malentendu du cholestérol : ce que votre prise de sang cache encore

On connaît tous la scène : vous ouvrez votre enveloppe de labo, et là, le chiffre du cholestérol s’affiche en gras, presque menaçant. On imagine tout de suite les artères qui se bouchent à cause du beurre de la veille. Mais si on arrêtait de regarder ce chiffre comme un simple verdict de culpabilité alimentaire ? La réalité est beaucoup plus nuancée, et franchement, plus rassurante.

L’usine interne : pourquoi votre foie travaille contre (ou pour) vous 

Ce qu’on oublie de vous dire en coup de vent entre deux consultations, c’est que le cholestérol n’est pas un poison. C’est le ciment de vos cellules. Sans lui, pas d’hormones, pas de digestion des graisses, pas de vie. Et voici le vrai « scoop » : près de 80 % de ce qui circule dans vos veines ne vient pas de votre assiette, mais de votre propre foie. La Fédération française de cardiologie est d’ailleurs assez claire là-dessus : s’affamer avec des régimes punitifs ne règle souvent qu’une infime partie du problème.

Le duel LDL/HDL : une question de transport, pas de stock 

Plutôt que de paniquer sur le taux global, regardez plutôt comment il voyage. Imaginez le LDL comme un livreur un peu maladroit qui laisse traîner ses colis sur le bord de la route (vos artères). Si ces colis s’accumulent et s’oxydent, c’est là que le danger commence. À l’inverse, le HDL, c’est l’équipe de nettoyage qui ramène tout au centre de recyclage. C’est ce ratio, cet équilibre fragile, que les cardiologues scrutent aujourd’hui. D’ailleurs, l’Institut de cardiologie d’Ottawa rappelle qu’un HDL élevé est un bouclier bien plus puissant qu’un simple LDL bas.

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Les chiffres qui fâchent (et ceux qui rassurent) 

On parle de 4,4 millions de morts par an liés au LDL. C’est colossal. Mais ce qu’on ne vous dit pas, c’est que ces plaques d’athérosclérose ne sont pas l’apanage des seniors. Ça commence parfois à 30 ans, en silence, surtout si on cumule tabac et sédentarité.

Mais il y a une lueur d’espoir. On a longtemps diabolisé les œufs, par exemple. Le CERIN a pourtant démontré qu’en manger trois par jour ne changeait quasiment rien au bilan pour la majorité des gens. Le vrai coupable ? Les graisses saturées industrielles et, surtout, le sucre. Le sucre est l’angle mort de nos analyses : il pousse le foie à produire du « mauvais » cholestérol et fait exploser les triglycérides.

Bouger les lignes : au-delà de l’ordonnance 

Alors, on fait quoi ? On mise sur l’avoine (merci les bêta-glucanes validés par l’EFSA) et on passe au mode de vie méditerranéen. L’étude PREDIMED est sans appel : -30 % d’accidents cardiaques avec de l’huile d’olive et des noix.

Et le sport ? C’est quasiment le seul levier pour faire grimper votre « bon » cholestérol (HDL). La FFC estime qu’on gagne 10 % de protection en trois mois de marche rapide. C’est plus efficace que n’importe quel complément alimentaire miracle.

Le mot de la fin 

Ne vous laissez pas réduire à une ligne de statistiques. Un bon médecin ne soigne pas un chiffre, il soigne un profil : votre âge, votre tension, votre hérédité (attention à l’hypercholestérolémie familiale, souvent zappée par les diagnostics). C’est le score global, comme le SCORE2, qui doit décider si vous avez besoin d’un traitement ou simplement d’une meilleure paire de baskets.

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