Maroc-Algérie : Trump intensifie sa médiation sur le Sahara occidental

Trois réunions en un mois. L’émissaire américain Massad Boulos vient de convoquer une nouvelle session de pourparlers à Washington, réunissant les parties au conflit du Sahara occidental autour d’un objectif affiché : parvenir à un accord définitif sur la base du plan d’autonomie proposé par le Maroc. L’information a été rapportée par El confidencial plus tôt aujourd’hui.

Boulos a adressé les invitations cette semaine. La rencontre, dont la date précise reste à confirmer, ferait suite à deux sessions déjà tenues en février, dont une à Madrid les 8 et 9 du mois, dans les locaux de l’ambassade américaine en Espagne. Maroc, Algérie, Mauritanie et Front Polisario y avaient dépêché leurs ministres des Affaires étrangères respectifs.

Washington distingue les rôles. Le Maroc et le Front Polisario demeurent les parties directes au conflit. L’Algérie et la Mauritanie siègent en observateurs, en raison de leur statut de pays voisins — une nuance que Boulos a tenu à préciser publiquement.

Publicité

Un conflit qui résiste à toutes les médiations

Le Sahara occidental empoisonne les relations entre Rabat et Alger depuis 1975, date du retrait espagnol du territoire. Depuis, le Maroc défend sa souveraineté sur la région, quand le Front Polisario, adossé à Alger, réclame un référendum d’autodétermination. Entre les deux capitales, les frontières restent fermées depuis 1994. L’Algérie a rompu ses relations diplomatiques avec le Maroc en 2021.

L’ONU, l’Union africaine, l’Union européenne ont tour à tour tenté d’arbitrer. Sans résultat durable. L’envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU peine depuis des années à faire bouger les lignes. Mais en 2025, tournant majeur. L’ONU a apporté son soutien au plan d’autonomie marocain. Une décision saluée par les autorités marocaines.

« C’est une victoire pour tous les Marocains, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays (…), une opportunité de dialogue sans gagnants ni perdants qui ouvre la voie à la prospérité et à la coexistence pacifique dans les provinces du sud du Maroc », avait déclaré Aziz Akhannouch, le premier ministre marocain en Novembre dernier.

La patience américaine, ressource non renouvelable

L’implication directe de Washington tranche avec les approches précédentes. Boulos a averti que ce processus ne se prolongerait pas indéfiniment — il n’est « pas acceptable de perdre du temps« , a-t-il déclaré. Les États-Unis privilégient le plan d’autonomie marocain comme base de règlement, tout en demandant à Rabat des concessions supplémentaires pour élargir le cadre de l’accord. Le calendrier prévoit une prochaine étape à Washington en mai.

Laisser un commentaire