Dix-huit citoyens sénégalais arrêtés au Maroc à la suite de la Coupe d’Afrique des nations 2025 restent au cœur d’une procédure judiciaire qui s’étire en plusieurs audiences. Lors d’une nouvelle étape jeudi 12 février, le tribunal a décidé de reporter l’examen du dossier au 19 février 2026. Cette décision intervient à un moment charnière pour le système judiciaire marocain, alors que les avocats du pays reprennent progressivement leurs activités après des semaines de mobilisation.
Une crise issue des débordements de la CAN 2025
Les événements ayant conduit à l’arrestation de dix-huit ressortissants sénégalais remontent à la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 disputée au Maroc. À l’issue d’un match particulièrement tendu, marqué par des décisions arbitrales controversées, des débordements ont éclaté dans les tribunes, certains supporters étant accusés d’avoir tenté d’envahir la pelouse et jeté des projectiles. Les autorités marocaines ont alors procédé à l’interpellation de plusieurs personnes, dont dix-huit supporters sénégalais, placés en détention provisoire pour des faits assimilés à du hooliganisme. Par la suite, ils ont contesté les conditions de leur incarcération et le manque de clarté autour des accusations retenues, annonçant une grève de la faim pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une atteinte à leurs droits et à leur dignité.
Dynamiques judiciaires et mobilisation du barreau marocain
La grève engagée par les avocats marocains a perturbé l’activité des tribunaux au cours des dernières semaines. Cette action, liée à des désaccords corporatistes et professionnels, devait officiellement prendre fin le 16 février, créant ainsi une fenêtre d’opportunité pour la reprise des audiences et la progression des dossiers en attente. Le report au 19 février coïncide donc avec cette résurgence attendue d’une justice fonctionnant à régime normal. Ce timing revêt une importance stratégique pour la défense, qui pourra bénéficier d’une mobilisation complète de tous ses acteurs légaux.
Me Patrick Kabou, coordonnateur de la défense collective, a confirmé d’après Senenews, que ses confrères marocains et lui-même entendent poursuivre leur engagement pour assurer une protection juridique optimale aux prévenus. L’audition de jeudi, consacrée à l’examen du fond de l’accusation, était dans le calendrier convenu entre la justice et les représentants légaux des accusés.



