La machine FIFA tourne à plein régime. À quatre mois du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, Gianni Infantinoa dressé mercredi un tableau triomphal de l’édition américaine, brandissant des chiffres de billetterie jamais atteints et des projections économiques vertigineuses.
508 millions de demandes pour sept millions de places
Depuis Washington, le patron de la FIFA a lâché ses chiffres sur CNBC : 508 millions de demandes de billets enregistrées en quatre semaines, pour environ sept millions de places disponibles, en provenance de plus de 200 pays. « On n’a jamais vu ça, c’est incroyable », a-t-il déclaré, assurant que les 104 rencontres du tournoi afficheraient complet. Une dernière phase de vente reste prévue en avril, ce qui nuance l’annonce : une portion des billets a été délibérément conservée pour cette fenêtre de dernière minute.
Sur le plan économique, Infantino table sur un impact de 30 milliards de dollars pour l’économie américaine — tourisme, restauration, sécurité, investissements confondus —, 20 à 30 millions de visiteurs attendus et 185 000 emplois à temps plein générés. Les revenus de la FIFA pour cette édition atteindraient 11 milliards de dollars, selon ses propres projections.
Ces déclarations interviennent dans un climat particulier entre la FIFA et Washington. Le 5 décembre 2025, lors du tirage au sort du Mondial au Kennedy Center, Infantino avait remis à Donald Trump le tout premier « Prix de la Paix de la FIFA » — une récompense créée quelques semaines plus tôt, sans consultation préalable des instances dirigeantes de l’organisation. Trophée doré, médaille, certificat : la cérémonie avait suscité une volée de critiques dans la presse internationale, qui y avait lu un acte de déférence politique calculé.
Une alliance politique sous le prisme du Mondial
La relation entre les deux hommes ne date pas du tirage au sort. Infantino avait assisté à l’investiture de Trump et multiplié les passages au Bureau Ovale. « Je considère le président Trump comme un ami proche », avait-il déclaré publiquement, allant jusqu’à estimer que le dirigeant américain « méritait » le Nobel de la paix — distinction finalement attribuée à l’opposante vénézuélienne Maria Corina Machado.
Derrière l’effusion, des intérêts concrets : la FIFA a besoin de Washington pour fluidifier l’octroi de visas aux supporters étrangers, mobiliser les autorités locales dans les seize villes hôtes et stimuler l’engouement d’un public américain historiquement distant du football. Les associations de supporters, elles, dénoncent des prix de billets « exorbitants », que la FIFA justifie précisément par l’ampleur de la demande. Le billet pour la finale peut grimper jusqu’à 6 730 dollars sur le marché officiel.
Le Mondial 2026, premier à réunir 48 équipes dans trois pays coorganisateurs — États-Unis, Canada, Mexique —, s’ouvre le 11 juin. La finale se dispute le 19 juillet au MetLife Stadium, dans le New Jersey.



