À Niamey, un haut responsable militaire nigérien a indiqué que le pays se préparait à un affrontement avec la France. Ces propos, tenus mercredi devant un public majoritairement jeune, ont rapidement circulé sur les réseaux sociaux. Ils interviennent au moment où les tensions sont vives entre les pays de l’AES et la France. Paris a immédiatement démenti toute intention d’intervenir, qualifiant ces déclarations de « guerre informationnelle ».
Déclarations du général Amadou Ibro à Niamey
Mercredi, lors d’un rassemblement dans un stade de Niamey, le général Amadou Ibro, chef d’état-major particulier du président Abdourahamane Tiani, a déclaré à la foule : « On n’était pas en guerre, c’est maintenant que nous allons entrer en guerre avec la France. » L’événement a rassemblé principalement des jeunes, qui ont réagi par des applaudissements et des cris de « À bas la France ». La vidéo de cette allocution a été largement partagée sur les réseaux sociaux dès jeudi matin.
Du côté français, le colonel Guillaume Vernet, porte-parole de l’état-major des Armées, a assuré à l’AFP : « Il n’est pas question d’une intervention française au Niger », qualifiant les propos de « guerre informationnelle ». Il a indiqué que les forces françaises qui participaient à l’opération Barkhane contre les groupes djihadistes, avaient quitté le pays à la fin de l’année 2023.
Niger, Mali et Burkina Faso : fin des coopérations avec la France
Depuis le renversement du président Mohamed Bazoum en juillet 2023, le Niger a expulsé les forces françaises de son territoire et suspendu toutes les coopérations militaires. Le Mali et le Burkina Faso ont adopté des mesures similaires. Ces trois pays forment désormais l’Alliance des États du Sahel (AES), qui opère indépendamment de la CEDEAO.
Le Niger a également annoncé la nationalisation de certains actifs français, notamment dans le secteur de l’uranium. L’uranium nigérien fait l’objet d’une tension entre le Niger et la France : l’entreprise française Orano a engagé des procédures d’arbitrage international pour contester la nationalisation des mines qu’elle exploitait. Elle a également menacé toute exploitation ou vente de l’uranium sans son accord. Parallèlement, les bases françaises sur le territoire nigérien ont été évacuées, marquant la fin des opérations militaires et économiques avec Paris.
Lors de la réunion publique, le général Amadou Ibro a appelé la population à se préparer pour un conflit avec la France, devant un stade rempli de spectateurs. Depuis la mise en place de l’AES, le Niger, le Mali et le Burkina Faso coordonnent leurs mesures de sécurité et leurs décisions souveraines de manière conjointe. La suspension des coopérations militaires avec la France et la nationalisation des actifs économiques français sont effectives depuis le milieu de l’année 2023.



