Niger : Tiani accuse à nouveau la France sur fond de lutte contre le terrorisme

Le général Abdourahamane Tiani a de nouveau pointé du doigt la France lors d’une intervention consacrée à la situation sécuritaire du Niger. Revenant notamment sur une attaque récente visant l’aéroport de Niamey, le chef du régime militaire a mis en cause des acteurs extérieurs dans l’organisation de cette opération. Ses déclarations, diffusées à la télévision nationale et relayées par RFI, interviennent dans un contexte de tensions persistantes entre Niamey et Paris. Elles relancent le débat sur les responsabilités dans la lutte contre le terrorisme au Sahel, où la situation sécuritaire demeure fragile.

Le ton est resté ferme tout au long de l’intervention. Assis face aux caméras, le général Abdourahamane Tiani a livré une lecture des enjeux sécuritaires du Niger, en insistant sur ce qu’il considère comme des menaces extérieures pesant sur le pays. Parmi les points évoqués figure l’attaque récente contre l’aéroport de Niamey, revendiquée par un groupe affilié à l’organisation État islamique. Le chef du régime a toutefois contesté cette version, estimant que l’opération ne correspondait pas aux modes d’action habituels des groupes armés actifs dans la région.

Dans son analyse, le dirigeant nigérien a affirmé que cette attaque serait le fait d’un groupe composite, qu’il décrit comme soutenu par des acteurs étrangers. « Ce n’était pas l’EIGS […] c’était un conglomérat de mercenaires », a-t-il déclaré, évoquant un financement attribué à la France. Selon lui, l’objectif aurait été de s’en prendre aux capacités aériennes du Niger. Ces propos s’inscrivent dans une série de déclarations critiques à l’égard de Paris, que les autorités nigériennes accusent régulièrement d’ingérence dans les affaires nationales.

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Niger, terrorisme et tensions avec la France : une lecture divergente des attaques

L’attaque contre l’aéroport de Niamey a ravivé les inquiétudes autour de la sécurité des infrastructures stratégiques du pays. Les autorités nigériennes mettent en avant la nécessité de renforcer les dispositifs de protection, tout en dénonçant des influences extérieures susceptibles d’alimenter l’instabilité. Dans cette optique, le général Tiani a élargi ses critiques à la présence française passée dans la région, estimant que celle-ci n’aurait pas permis d’enrayer durablement la menace terroriste.

Depuis plusieurs années, le Niger, à l’instar de plusieurs pays du Sahel, est confronté à une menace terroriste persistante. Des groupes armés affiliés à l’État islamique ou à Al-Qaïda opèrent dans des zones frontalières difficiles à contrôler, notamment dans la région des trois frontières. Les opérations militaires nationales et internationales ont permis de contenir certaines offensives, sans pour autant mettre fin aux attaques. Les enjeux sécuritaires se doublent de défis économiques et sociaux, dans des territoires souvent marqués par la pauvreté et la faible présence de l’État.

Sahel, ressources et souveraineté : les enjeux derrière les accusations de Tiani

Au-delà de la question sécuritaire, le discours du chef du régime nigérien s’inscrit dans une approche plus large, mêlant souveraineté nationale et gestion des ressources. Le Niger, riche en uranium et en d’autres matières premières, occupe une place stratégique dans la région. Les autorités actuelles insistent sur la nécessité de préserver le contrôle de ces ressources, tout en redéfinissant les partenariats internationaux.

Dans ce contexte, les critiques formulées à l’encontre de la France s’inscrivent dans une volonté affichée de rupture avec les relations passées. Les autorités de Niamey ont engagé une réorientation de leur politique extérieure, marquée par la recherche de nouveaux partenaires et la diversification des coopérations. Cette évolution intervient alors que plusieurs pays du Sahel connaissent des transformations similaires, avec des repositionnements diplomatiques et sécuritaires.

5 réflexions au sujet de “Niger : Tiani accuse à nouveau la France sur fond de lutte contre le terrorisme”

  1. « au Sahel…la situation sécuritaire demeure fragile » Non, elle empire et se dégrade à une vitesse accélérée.
    Si on compare le nombre de victimes civiles et militaires, depuis +2 ans à peu près

    – à peu près 300 max, sous BAZOUM
    -3.829 depuis le putsch de Tiani, et le départ des forces françaises chassées du pays, et l’arrivée de l’AfrikaKorps russe

    \\\\.///
    (@_@)

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    • la Situation que tu décris est complètement biaisée, le Niger de Bazoum payait le terros pour ne pas être attaqué, ce que fait le Bénin actuellement et le jour où le Bénin ne paiera plus tu verras.
      sinon 2 attaques l’année dernière et plus rien car ils les terros ont reçu leur solde.
      alors qu’il y moins de musulmans au Bénin qu’au Niger si cela ne suffit à certains de comprendre que c’est ce des mercenaires à la soldes de l’impérialisme.
      N’en déplaisent à certains, la situation sécuritaire est bien meilleure sans compromis à la force de nos armes
      Vive le sahel

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