Pakistan-Afghanistan : guerre ouverte, Kaboul lance des attaques massives, Islamabad riposte

Quinze postes militaires pakistanais auraient été pris d’assaut dans la nuit de jeudi. Les forces afghanes ont ouvert un nouveau front contre l’armée pakistanaise le long de la ligne Durand — Islamabad a officialisé sa contre-offensive en lançant l’Opération Ghazab Lil Haqq (« Colère pour la Vérité »).

Les Taliban ne se contentent pas d’annoncer des représailles. Ils les exécutent. Le bureau militaire afghan de l’Est publie en fin de soirée un communiqué laconique : « de lourds affrontements ont débuté en réponse aux récentes frappes aériennes pakistanaises dans les provinces de Nangarhar et Paktia. » selon un rapport d’Al Jazeera. Un porte-parole gouvernemental va plus loin et revendique la capture de 15 postes. Islamabad n’a ni confirmé ni démenti ce chiffre.

Le déclencheur direct remonte au 21 février. L’armée de l’air pakistanaise bombarde sept sites dans le Nangarhar, le Paktika et le Khost, ciblant selon Islamabad des camps du TTP et de l’État islamique-Khorasan. Bilan officiel pakistanais : 80 militants tués. L’ONU dénombre au moins 13 civils morts. Kaboul parle de 18 morts au moins, dont des femmes et des enfants frappés dans une école et des habitations.

Les attentats d’Islamabad comme point de rupture

Le 6 février, un kamikaze fait exploser sa ceinture pendant la prière du vendredi dans une mosquée chiite d’Islamabad : 36 morts, 170 blessés. Quelques jours plus tard, un véhicule piégé détruit un poste de sécurité à Bajaur — 11 soldats et un enfant tués. L’attaquant, identifié comme Afghan, appartenait au TTP. Pour Islamabad, la démonstration est faite. Le ministre de l’Information pakistanais déclare détenir des « preuves concluantes » que ces attaques ont été coordonnées depuis le territoire afghan. Kaboul nie. Systématiquement, depuis 2021.

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Un cessez-le-feu mort-né

Les frappes du 21 février ont brisé une trêve fragile négociée par le Qatar et la Turquie après les affrontements d’octobre 2025, qui avaient déjà fait plus de 70 morts des deux côtés. Ce cessez-le-feu n’avait jamais débouché sur un accord formel. Le commerce bilatéral, qui aurait pu dépasser 5 milliards de dollars, était déjà tombé sous le milliard — les fermetures répétées des postes-frontières avaient précédé les bombes.

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