Figure familière du paysage audiovisuel français, Karine Le Marchand s’est imposée au fil des années comme l’un des visages les plus identifiés du divertissement télévisé. Animatrice phare de L’amour est dans le pré sur M6, elle a également construit une image publique marquée par l’écoute, l’empathie et un intérêt assumé pour les questions sociales. Cette réputation explique en partie la surprise provoquée par ses récentes déclarations, qui ont suscité une vague de réactions politiques et médiatiques en France.
Invitée sur CNews pour parler d’un documentaire consacré à l’immigration, l’animatrice a livré un témoignage personnel sur son arrivée à Paris dans les années 1980. En évoquant une scène vécue dans les transports en commun, elle a décrit un sentiment de peur face à des visages qu’elle disait ne pas avoir l’habitude de côtoyer jusque-là. « J’ai vu le RER arriver, j’ai vu tous ces noirs, et tous ces musulmans, enfin ces Arabes, qui sortaient, enfin des gens qui avaient des têtes que je n’avais pas l’habitude de voir parce qu’à Nancy j’étais la seule de mon école à avoir cette tête-là. J’ai fait “Ah”. Je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir un peu peur. Parce que Paris c’était particulier. Après, très vite, j’ai pris l’habitude et je n’ai plus eu peur des gens qui avaient des têtes étrangères. », a affirmé Karine. Malgré une tentative de mise en perspective ultérieure, ses propos ont rapidement circulé sur les réseaux sociaux, déclenchant un tollé.
Polémique médiatique et réactions politiques en France
La séquence, diffusée lors d’une émission animée par Pascal Praud, a été largement relayée en ligne. De nombreux internautes ont dénoncé des paroles jugées stigmatisantes, estimant qu’elles associaient implicitement l’altérité à la peur. Le débat a rapidement quitté la sphère numérique pour atteindre le terrain politique.
Parmi les réactions les plus fermes figure celle d’Ersilia Soudais, députée de La France insoumise, qui a publiquement qualifié les déclarations de racistes et annoncé la saisine de Arcom. Elle a également pointé l’attitude du plateau, estimant que certaines réactions pouvaient être perçues comme complaisantes. Une position partagée par Léa Balage El Mariky, députée écologiste, qui a elle aussi signalé l’affaire à l’autorité de régulation, accusant la chaîne d’avoir laissé passer des propos problématiques sans réel contradictoire.
Ces prises de position ont renforcé la dimension institutionnelle de la polémique, plaçant la responsabilité des médias au cœur du débat. La question de la liberté d’expression, souvent invoquée sur les plateaux, s’est trouvée confrontée à celle des limites imposées par la lutte contre les discriminations.
Réseaux sociaux, personnalités médiatiques et débat sur le racisme
Au-delà du champ politique, plusieurs voix du monde culturel et médiatique se sont exprimées. Le journaliste et animateur Claudy Siar a notamment réagi sur le réseau social X en reprenant la citation controversée, avant de souligner avec amertume l’origine familiale de l’animatrice. Son message, ponctué d’emojis traduisant la déception, a été largement partagé, alimentant encore la discussion. « «Tous ces Noirs, ces musulmans, ces Arabes… […] j’ai eu un peu peur […] j’avais pas l’habitude ! » Euuuh ! Son père est noir …« , a écrit Claudy Siar.
La diffusion virale de l’extrait, repéré par des comptes militants spécialisés dans la lutte contre le racisme, a contribué à amplifier l’affaire. Les commentaires se sont multipliés, oscillant entre indignation, appels à la nuance et interrogations sur la manière dont les souvenirs personnels peuvent être exprimés dans l’espace public sans renforcer des représentations négatives.
Face à cette avalanche de réactions, l’attention s’est progressivement déplacée vers les suites possibles de la saisine de l’Arcom. L’autorité indépendante pourrait être amenée à examiner non seulement les propos tenus, mais aussi le cadre éditorial dans lequel ils ont été diffusés. À ce stade, aucune décision n’a été rendue publique.
Une parole scrutée à l’aune de sa portée
Cette controverse rappelle le poids particulier des mots prononcés par des personnalités très exposées. Lorsqu’une animatrice aussi identifiée que Karine Le Marchand partage une expérience intime à l’antenne, la réception dépasse largement l’intention initiale. Les réactions observées ces derniers jours montrent que le débat sur le racisme en France reste extrêmement sensible, surtout lorsqu’il touche à des figures médiatiques perçues comme consensuelles.
📺🔴 – « J’ai vu le RER arriver. J’ai vu tous ces noirs et ces arabes qui sortaient. J’ai pas pu m’empêcher d’avoir un peu peur ! »
— Alertes Racisme (@AlertesRacisme) February 9, 2026
Les propos tenus par Karine Le Marchand sur CNEWS sont inadmissibles. Ils appellent à des explications ou à une sanction.pic.twitter.com/1KULb0rvDn



