Longtemps considéré, à tort, comme le simple fardeau de la vieillesse, le rhumatisme est en réalité une pathologie complexe qui touche des millions de personnes de tous âges. Derrière ce terme générique se cachent plus de 200 affections touchant l’appareil locomoteur : articulations, os, muscles, tendons et ligaments. S’il peut être invalidant, le rhumatisme n’est plus aujourd’hui une fatalité. Grâce aux progrès de la médecine et à une hygiène de vie adaptée, il est possible de cohabiter avec la maladie sans prendre de risques majeurs pour sa santé globale.
Le terme « rhumatisme » regroupe deux grandes familles de pathologies : les maladies dégénératives (Arthrose) d’une part. C’est l’usure progressive du cartilage qui protège les os au niveau des articulations. Elle est souvent liée à l’âge, au surpoids ou à des traumatismes anciens. D’autre part les maladies inflammatoires (Arthrite). Ici, c’est le système immunitaire qui attaque par erreur les tissus articulaires. La polyarthrite rhumatoïde ou la spondyloarthrite en sont les exemples les plus fréquents. Qu’il soit mécanique ou inflammatoire, le rhumatisme se manifeste par des douleurs, des raideurs (souvent matinales) et parfois des gonflements qui limitent la mobilité.
Les piliers pour vivre sans risque
Vivre avec un rhumatisme demande une approche proactive. L’objectif est double : réduire la douleur et prévenir les dommages irréversibles aux articulations. Le mouvement est le principal médicament. L’erreur la plus commune est de s’immobiliser par peur de la douleur. Pourtant, l’inactivité enraidit les articulations et affaiblit les muscles qui les soutiennent. Il faut privilégier les sports « portés » : la natation, l’aquagym ou le cyclisme sont idéaux car ils ne sollicitent pas violemment les articulations. Le yoga ou le tai-chi aident à maintenir la souplesse et l’équilibre, réduisant ainsi le risque de chutes et de fractures.
Ensuite L’alimentation est le bouclier anti-inflammation. Ce que nous mangeons influence directement le niveau d’inflammation dans le corps. Adopter un régime de type méditerranéen est souvent recommandé par les rhumatologues. Évitez les pro-inflammatoires. Limitez le sucre raffiné, la viande rouge en excès et les produits ultra-transformés.
Le surpoids est un ennemi des articulations porteuses (genoux, hanches, dos). Chaque kilo perdu représente une pression considérablement moindre sur le cartilage. Par exemple, perdre seulement 5 % de sa masse corporelle peut réduire les douleurs articulaires de manière spectaculaire.
La gestion médicale : suivi et vigilance
Vivre avec un rhumatisme sans gros risque signifie aussi éviter l’automédication prolongée. Attention : l’usage abusif d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) en vente libre peut entraîner des complications rénales ou gastriques sérieuses.
Un suivi régulier avec un spécialiste permet d’ajuster les traitements avant que les lésions ne deviennent invalidantes. De plus, les aides techniques (semelles orthopédiques, attelles de repos) peuvent soulager les articulations durant les crises sans effets secondaires.
La douleur chronique a un impact réel sur le moral. Le stress et l’anxiété peuvent abaisser le seuil de tolérance à la douleur, créant un cercle vicieux. Participer à des groupes de parole ou pratiquer la méditation de pleine conscience aide à mieux gérer la perception du mal et à rester socialement actif.
Le rhumatisme n’est plus une condamnation au silence et à l’immobilité. En devenant acteur de sa propre santé — par le mouvement, une assiette équilibrée et un dialogue ouvert avec son médecin — il est tout à fait possible de préserver sa qualité de vie. La clé réside dans la régularité des petits efforts plutôt que dans des solutions miracles.



