Une liste diffusée par le collectif All Eyes On Wagner indique que 316 Africains enrôlés dans les forces russes ont trouvé la mort en Ukraine. Ces données, issues du programme ukrainien « Je veux vivre », montrent que plus d’un cinquième des recrues (plus de 22 %) ont péri, tout en donnant un aperçu des pertes humaines subies. Le document recense 1 417 combattants originaires de 35 pays africains, ce qui suscite l’inquiétude des familles qui restent sans nouvelles. De nombreux proches attendent encore des informations sur le sort de leurs proches, alors que le conflit se prolonge depuis plus de deux ans.
Des cas confirmés montrent que des personnes originaires de pays africains sont aujourd’hui engagées comme combattants dans la guerre en Ukraine, tant au sein des forces russes que des forces ukrainiennes. Parmi eux figurent des Kényans, Sud-Africains, Camerounais et Gambiens, souvent recrutés via des promesses de contrats ou d’emplois trompeurs, et certains ont déjà perdu la vie au front. La mobilisation de ces ressortissants s’est intensifiée au fil du conflit, souvent par le biais de recrutements trompeurs ou d’offres économiques attrayantes. Ces engagements exposent des jeunes Africains à des conditions extrêmes et à des dangers mortels loin de leurs pays d’origine, faisant de ce phénomène un enjeu humanitaire et diplomatique majeur pour plusieurs États africains.
Recrutement africain et hécatombe sur le front ukrainien
Le rapport publié par All Eyes On Wagner, Le Business du désespoir, recense un total de 1 417 Africains ayant rejoint l’armée russe entre 2023 et mi-2025. Parmi eux, 316 sont morts au combat, tandis que d’autres sont toujours portés disparus ou blessés. Les recrues avaient entre 18 et 57 ans, avec une moyenne d’environ 31 ans, ce qui montre que ce sont principalement de jeunes adultes confrontés à des conditions de combat périlleuses.
Si l’Égypte compte le plus grand nombre de recrues, avec 361 personnes, c’est le Cameroun qui subit le plus lourd bilan humain : 94 décès pour 335 combattants. La Gambie a également enregistré des pertes importantes, avec 23 morts sur 56 contractuels, et une erreur administrative a même placé un Camerounais, Joël, parmi le contingent gambien. Lou Osborne, du collectif AEOW, précise que la diffusion de ces noms vise à informer les familles sur le sort de leurs proches, à pousser les autorités nationales à agir pour le retour des dépouilles et à sensibiliser sur l’ampleur des recrutements.
Implications sociales et diplomatiques pour les pays africains
Cette diffusion montre l’ampleur des réseaux de recrutement de combattants africains pour le front ukrainien et suscite des réactions sur le continent. Plusieurs gouvernements s’efforcent désormais d’obtenir des informations précises sur leurs ressortissants engagés dans le conflit en Ukraine et de lancer des procédures de rapatriement des corps ou des survivants. En Afrique du Sud, par exemple, des dizaines de citoyens recrutés pour combattre ont demandé de l’aide pour revenir, affirmant avoir été séduits par de fausses offres d’emploi ou de mercenariat. Dans d’autres pays africains et asiatiques, plusieurs ressortissants ont été attirés par des promesses de salaires élevés ou de naturalisation accélérée, avant de se retrouver exposés aux dangers réels du front.
Lou Osborne, du collectif All Eyes On Wagner, a été l’une des voix clés de cette enquête, insistant sur la nécessité de publier les noms des combattants africains et de ceux qui ont péri. Elle a expliqué que cette initiative cherche à informer les familles sur le sort de leurs proches, à solliciter l’intervention des autorités pour le rapatriement des dépouilles et à alerter sur l’augmentation des recrutements. Son témoignage conclut le rapport en soulignant à la fois l’ampleur des pertes et l’urgence d’une action humanitaire et diplomatique pour protéger les Africains engagés loin de leur continent.



