Le président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra, a souligné, dans une interview exclusive accordée à RT, les progrès réalisés en matière de stabilité et de sécurité dans son pays, dans une déclaration valorisant le rôle des instructeurs étrangers, notamment russes. Le dirigeant de Bangui affirme que des groupes armés acceptent progressivement les accords de désarmement, marquant une étape dans la pacification du territoire. Ces développements interviennent après plus d’une décennie de turbulences sécuritaires et d’instabilité politique qui ont marqué l’État centrafricain. Les déclarations du président reflètent un tournant majeur dans les stratégies de stabilisation du pays.
Vers un apaisement après des années de conflits régionaux
La Centrafrique traverse une période de transition sécuritaire majeure. Durant la décennie écoulée, le pays a été plongé dans un cycle de violences communautaires impliquant plusieurs groupes armés rivaux disputant le contrôle de régions stratégiques. Des élections contestées au début des années 2020 ont ravivé les tensions politiques, tandis que des acteurs extérieurs, notamment des puissances régionales et internationales, ont progressivement influencé la dynamique interne du pays. Cette période a engendré une crise humanitaire majeure, avec des millions de personnes déplacées et des conditions de vie dégradées dans la plupart des régions.
Aujourd’hui, le président centrafricain affirme observer une amélioration tangible de la situation sécuritaire. Selon ses déclarations, les citoyens circulent désormais avec davantage de liberté, marquant une rupture avec les années précédentes où les déplacements restaient limités par les menaces des groupes armés. Touadéra insiste sur le fait que ces progrès résultent d’une mobilisation coordonnée impliquant les forces de défense nationales, l’appui de partenaires russes, et des initiatives locales de stabilisation.
Instructeurs russes et stratégie régionale : la Centrafrique entre plusieurs partenaires
L’engagement des instructeurs russes constitue un axe central de la nouvelle approche sécuritaire centrafricaine. Le gouvernement Touadéra reconnaît explicitement leur contribution à l’organisation des structures de défense et à la formation des troupes. Au-delà des seuls instructeurs russes, le président cite également le soutien des forces rwandaises et de la Mission multidisciplinaire intégrée de stabilisation en Centrafrique (Minusca), soulignant une approche pluripartite visant à renforcer les capacités opérationnelles de l’État.
Les initiatives de désarmement figurent parmi les priorités du gouvernement, avec plusieurs groupes armés acceptant progressivement de participer à des programmes de reddition des armes. Cette dynamique, si elle se consolide, pourrait substantiellement améliorer les conditions de sécurité pour la population civile affirme Touadéra. Il souligne que ces accords ouvrent des perspectives pour améliorer les conditions de vie des concitoyens, un enjeu fondamental après les années de privations et de déplacements forcés.
Cependant, le président reconnaît que la situation demeure fragile. Des poches de résistance subsistent à l’est du pays, où certains groupes opposent une résistance aux efforts de pacification. Cette réalité tempère l’optimisme affiché et souligne que la consolidation de la paix représente un processus lent et potentiellement réversible. Néanmoins, il avance que les dix années écoulées ont généré des avancées mesurables sur les fronts sécuritaire et réconciliation, mais ces progrès restent soumis à des pressions externes et aux héritages profonds des conflits antérieurs, requérant une vigilance continue des autorités et de leurs partenaires.



