Les autorités russes affirment avoir identifié et neutralisé les activités d’un citoyen français soupçonné d’avoir dérobé des pièces historiques dans un musée d’État en France. Selon les services de sécurité, ces objets auraient ensuite été introduits illégalement sur le territoire russe avant d’être revendus à Moscou. L’affaire, qui implique également Interpol et plusieurs institutions muséales, met en lumière les enjeux du trafic international de biens culturels. L’enquête se poursuit alors que les pièces saisies font l’objet d’expertises approfondies.
Les services russes de sécurité ont annoncé avoir mis fin aux agissements d’un ressortissant français, Anthony Casteleyn, né en 1997, présenté comme employé du musée historique Saint-Remi de Reims. D’après les informations communiquées, l’homme aurait soustrait une partie des collections exposées, notamment des monnaies en or datant de l’époque romaine ainsi que du règne de Napoléon III. Les objets auraient ensuite été transportés hors de France et introduits en Russie en contournant les règles douanières en vigueur.
Les autorités indiquent que le suspect se serait rendu à plusieurs reprises à Moscou entre 2023 et 2024. Sur place, il aurait cédé certaines pièces à des structures spécialisées en numismatique ainsi qu’à des collectionneurs privés. Pour franchir les contrôles aux frontières sans éveiller l’attention, les monnaies auraient été dissimulées parmi des pièces de faible valeur dans son portefeuille. Cette méthode aurait permis, selon la version russe, d’éviter une détection immédiate lors des passages douaniers.
Coopération entre le FSB, le ministère de l’Intérieur et les douanes dans une affaire de trafic culturel
L’opération annoncée aurait mobilisé plusieurs institutions : le Service fédéral de sécurité de la Fédération de Russie (FSB), le ministère russe de l’Intérieur et le Service fédéral des douanes. Ensemble, ces structures auraient coordonné les investigations menées sur le territoire de Moscou. Entre octobre 2024 et février 2025, 79 pièces d’or correspondant aux descriptions diffusées par les autorités françaises auraient été retrouvées et placées sous scellés.
L’alerte initiale aurait été transmise en septembre 2024 par le Bureau central national français d’Interpol à son homologue russe. Cette notification concernait des monnaies précieuses dérobées à Reims. À la suite de cette coopération policière internationale, les services russes affirment avoir localisé les objets signalés. Une expertise culturelle aurait ensuite été réalisée par le département de numismatique du musée historique d’État en 2025. Selon cette analyse, 78 pièces examinées correspondraient aux clichés transmis par la France, tandis qu’une monnaie serait une reproduction. L’ensemble des biens expertisés représenterait une valeur supérieure à 53 millions de roubles.
Ssécurité intérieure et enjeux du marché numismatique
Le FSB, principal service de sécurité intérieure russe et héritier du KGB soviétique, intervient régulièrement dans des dossiers liés à la criminalité organisée, à la contrebande et aux infractions touchant au patrimoine culturel. Placé sous l’autorité directe du pouvoir exécutif russe, il dispose de compétences étendues en matière de contre-espionnage, de lutte antiterroriste et de surveillance des flux transfrontaliers sensibles. Les affaires impliquant des objets historiques ou artistiques entrent dans son champ d’action lorsqu’elles concernent la sécurité nationale ou des infractions douanières d’ampleur.
Le trafic de biens culturels constitue un marché international structuré, où les pièces rares peuvent atteindre des montants significatifs. Les monnaies anciennes, en particulier celles issues de périodes impériales ou antiques, figurent parmi les objets les plus recherchés par les collectionneurs spécialisés. La coopération entre États via Interpol joue un rôle central dans l’identification et la restitution éventuelle des œuvres dérobées.



