En Azerbaïdjan, le vice-président américain JD Vance a confirmé mercredi que Washington et Moscou engagent des négociations sur un traité nucléaire renouvelé. Cette action se déroule alors que les tensions s’intensifient entre les deux puissances nucléaires et reflète la volonté de l’administration Trump de réorganiser le cadre mondial du désarmement. L’enjeu : parvenir à un accord pour satisfaire les priorités de sécurité nationales américaines tout en freinant la prolifération des armes atomiques dans le monde. Les discussions se déroulent en parallèle des pourparlers de paix sur le dossier ukrainien, signalant une compartimentalisation des négociations diplomatiques entre Washington et Moscou.
Négociations pour un traité renforcé entre Washington et Moscou
Le vice-président américain a tenu à souligner que les nouveaux pourparlers visent à prévenir des risques nucléaires mondiaux. Selon Vance, empêcher que « davantage de régimes » n’accèdent aux armes nucléaires demeure une préoccupation majeure de l’exécutif américain. L’administration considère cette problématique comme une menace existentielle pour la sécurité du peuple américain. Les échanges diplomatiques entre les deux pays porteraient sur les modalités d’un accord sensiblement différent de celui qui prévalait antérieurement. Vance a précisé que « ça va changer par rapport à où c’était, et ça fait partie de la négociation que nous engageons avec les Russes ». Ces déclarations, formulées devant la presse en Azerbaïdjan, révèlent une volonté bipartite de ne pas abandonner le dialogue sur les armes stratégiques.
Les informations relatives à ces discussions ont d’abord circulé par des canaux médiatiques spécialisés, qui rapportaient que des officiels américains et russes auraient échangé sur cette question lors de pourparlers concernant la résolution du conflit ukrainien, tenus à Abu Dhabi. Cette approche discrète des négociations suggère une prudence diplomatique de part et d’autre.
Du traité historique à une architecture nucléaire en mutation
Le traité START, signé en 2010 par l’administration Obama et son homologue russe, constituait le principal instrument juridique encadrant les arsenaux stratégiques des deux nations. Cet accord limitait chacune des puissances à 1 550 ogives nucléaires déployées et prévoyait un système d’inspections réciproques permettant une vérification mutuelle du respect des engagements. Après une première prorogation en 2021, le traité venait d’arriver à expiration le 5 février 2026, marquant ainsi la fin de plus d’une décennie et demie de régulation bilatérale des arsenaux atomiques.
Moscou avait antérieurement proposé une prolongation d’un an portant uniquement sur les plafonds numériques, mais excluant les mécanismes de contrôle et d’inspection—proposition que Washington n’avait pas retenue. Cette rupture a privé la communauté internationale du seul cadre de contrôle mutuel existant entre les deux plus grandes puissances nucléaires, générant des craintes quant aux risques de prolifération à l’échelle mondiale.
L’administration Trump envisage un nouvel accord incorporant également la Chine, puissance nucléaire émergente qui n’a jusqu’à présent jamais participé à des traités de désarmement multilatéraux. Cette orientation stratégique traduit une volonté de remodeler l’équilibre nucléaire mondial selon les intérêts américains contemporains, même si Pékin a historiquement rejeté toute implication dans de tels mécanismes.



